Journal de bord - Semaine 7 (Jasper à Kananaskis)
Ça y'est, je suis arrivée à l'entrée des Rocheuses et c'est FABULEUX.
Le paysage est grandiose: la nature, les animaux... et surtout les montagnes.
TOUT est encore mieux que ce que je m'étais imaginé.
Je ressens une joie et une frénésie si grandes qu'on dirait que mon coeur va exploser de bonheur.
RIEN n'est négatif.
Je ressens une énergie particulière depuis que je suis ici... un désir de ralentir et de savourer sans fin.
Tout est tellement grand que même mes yeux sont énervés. Toi, as-tu déjà été énervée des yeux?
Moi souvent... mais ça ne dure jamais aussi longtemps que présentement.
Et dire que je suis ici pour 7 jours!
J'ai près de 270km à faire sur la route 93 et j'ai décidé de les diviser ça en 7 dodos.
Et je suis vraiment contente d'avoir pris cette décision... puisque j'ai envie de ralentir et profiter!
J'ai surtout besoin de vibrer à la même fréquence que ce que la nature m'offre en ce moment.
Depuis que je suis arrivée, j'ai ce désir immense de partager avec les miens et mes médias sociaux tout ce que je vois. Ça vient confirmer mon désir de partager, qui m'a terriblement manqué durant mon voyage...
Pas partager pour me penser bonne et montrer que "j'ai une vie", mais partager pour permettre aux gens que j'aime ou qui me suivent, d'avoir la chance de voir ce que je vois! Peut-être même de ressentir, ce que je ressens.
Mon désir de partager, il est vraiment grand, depuis toujours. Pas pour me "montrer", mais réellement dans un but que les gens profitent de mon expérience, de mes apprentissages, de mon vécu et s'en servent s'ils en ont besoin!
J'me dis que si j'vis des choses difficiles et que je trouve la façon de les surmonter, j'ai envie d'en faire profiter les autres, parce que mon but est aussi de faciliter la vie des gens.
Je suis une fan finie de l'apprentissage par l'exemple... Voilà pourquoi je n'aime pas les formations, mais j'adore les films ou les livres biographiques, les podcasts où les gens racontent leur expérience, les romans où le héros fait de la croissance personnelle... j'aime cette façon où on me transmet dans l'expérientiel. Et j'aime transmettre mon "expérience".
Fait que j'suis ici (Jasper) depuis 13h aujourd'hui et si je m'écoutais je ferais encore des stories pour dire aux gens comment c'est beau, comment j'ai bien fait de passer par-dessus mes peurs, comment il est important de réaliser nos rêves, que nous sommes créatrices de notre vie et qu'il est essentiel de prendre soin de nourrir notre vie de ce qui nous rend heureux.
Oui, je sais... on ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, parfois la vie nous envoie une maladie, un décès, une séparation, un accident, une chicane... et ça, faut vivre avec et le surmonter. Je ne négligerai jamais ces éléments.
Sauf que si entre ces périodes de situations difficiles on a pris soin de: remplir notre vie de ce qui nous rend heureux, qui nous met en joie et qui comble nos besoins et bien, on est plus fortes pour les affronter.
Si on est continuellement en train de "courir" après le bonheur ultime, sans jamais prendre le temps de plutôt goûter aux petites choses qui nous rend réellement heureux, on se ramasse continuellement épuisée et à bouttt d'la vie!
Alors voilà, j'ai roulé 6 500 km pour voir ces montagnes majestueuses... mais j'ai fait ces 6 500 km en essayant à chaque jour de remplir ma vie de ce qui répondait à mes besoins et me donnait de la joie... sinon, j'te jure que je ne les aurais jamais vues les Rocheuses.
Pour la fin de la Partie 2 de mon voyage, je vais flirter avec chacun des points de vue où je peux remplir mes tiroirs à souvenirs et mon coeur. Je vais TELLEMENT en profiter, tu n'as pas idée.
Apprentissage #41: Est-ce que ça valait la peine de faire 6 500km pour venir voir les Rocheuses? J'sais pas... mais ça valait GRANDEMENT la joie que je ressens en ce moment!
Lundi 13 juillet
Il est 2 h 38 du matin, j'me suis couchée à 20 h tellement j'étais épuisée d'avoir été excitée par tant de beauté... Et j'ai oublié de venir t'écrire.
Donc on est plutôt, mardi le 14 juillet à quelques heures près.
Faut savoir que j'ai aussi beaucoup partagé avec les miens en facetimant quelques uns de ceux-ci pour leur montrer l'endroit où je me trouve.
J'ai fait 110 km de route aujourd'hui et ce fut 90 km majestueux.
Tout est si beau... j'ai l'sourire dan'face depuis hier!
Ce matin en partant du camping, j'me suis dirigée au camping voisin (à Wistler) pour remplir mon réservoir d'eau et faire la vidange.
J'adore quand les "dump station" sont aussi bien organisées... 4 belles rangées d'utilitaires sont devant moi et nous devons être une dizaine de véhicules qui répartis dans les 4 rangées. Chacune de celles-ci offre autant à gauche qu'à droite la possibilité d'utiliser le trou à vidange, de l'eau pour rincer et de l'eau potable pour remplir le réservoir. C'est propre, c'est organisé, c'est clair et j'adore ça!
Quand c'est ainsi: propre, organisé et clair... ça me sécurise et ça me permet de savoir jusqu'où je peux étirer mon élastique de liberté.
Parce que moi, je déteste les règles strictes... surtout si elles ne font pas d'sens et qu'elles ont l'air d'avoir été inventées pour les gens pas fins fins... Moi quand j'arrive dans un endroit où tout est expliqué à la lettre: "Veuillez rebaisser votre siège de toilettes et vous laver les mains". Ou lorsque je rentre à quele part et qu'il y a des flèches partout par terre et des affiches pour dire aux gens où s'asseoir et où aller. Ou pire encore, lorsque je lis des consignes du genre: "Avant de mettre la pizza sur la plaque, retirer l'emballage de plastique"
J'viens en jupiter... parce que j'sens qu'on m'prend pour une nouille... et j'ai envie de ne pas le faire! Tu m'diras que ça c'est de l'opposition... bein j'le sais! Mais c'est plus fort que moi. C'est probablement pour ça que durant les 3 premières années de mon adolescence j'étais 1 fds sur 2 en punition et que je devais rester à la maison. Puisque la fds d'avant, je n'avais pas respecté l'heure d'entrée. De 12 à 15 ans et bien je ne suis pas sortie TOUTES les fds, mais quand je sortais, je rentrais à l'heure que je voulais. Pourquoi ça a arrêté à 15 ans? J'me suis calmée et mes parents se sont tannés de me donner des heures d'entrée.
Donc, moi quand c'est propre, organisé et clair, je connais les limites et je sens qu'on respecte mon intelligence pour savoir que j'utiliserai l'espace selon le "gros bon sens".
On peut tu svp ramener ça dans notre société: "le gros bon sens". La courtoisie, le respect et la gentillesse dans le vivre ensemble?
Depuis que je suis en voyage... à part le fatiguant (j'ai vraiment eu envie d'écrire: le cave, mais je ne trouvais pas ça gentil) qui a over stabilisé son vr, dans un camping à l'entrée du Manitoba (voir semaine 4), je n'ai pas rencontré d'humains qui ont fait des imbécilités. Est-ce parce qu'au Québec on a perdu notre "gros bon sens"? ou Est-ce parce que je partage mon "vivre ensemble" avec des gens qui voyagent? Est-ce moi, qui les voit moins?
Fait que moi, si tu veux me rendre heureuse et épanouie, donne-moi un cadre propre, organisé et clair, avec assez d'ouverture pour pouvoir le redessiner l'agrandir au besoin et en respectant tous ceux qui y sont déjà... et laisse-moi aller, j'suis assez brillante et bienveillante pour faire la part des choses.
Bref, en prenant ma place dans l'une des 4 rangées et entourée de cette communauté de VR de toutes sortes, je suis tellement fière de pouvoir maintenant faire cette opération avec autant d'aisance, alors qu'il y a 2 mois c'était l'un de mes plus grands stress.
Pendant que je termine de remplir mon réservoir d'eau potable, un beau grand monsieur avec les cheveux gris, la mi-quarantaine, avec une VANcampeur louée, s'approche doucement de moi et me demande timidement "in english", si le trou par terre servait à vider les eaux noires/grises.
Quoi, un homme me demande son aide pour la vidange???
Quel bonheur!
Je lui réponds avec tellement d'empathie, qu'il a dû penser que j'étais en "manque" d'aider!
Je finis mon opération, range mes choses et surfe encore sur la satisfaction qu'on soit venu me demander de l'aide... comme il n'a toujours rien commencé, je me dirige vers lui pour lui offrir mon aide technique et lui donner quelques conseils.
Mon égo est très heureux en ce moment.
Il aurait pu demander aux autres campeurs (tous des hommes) qui faisaient leur vidange... et non, c'est vers moi qu'il est venu. Je pense savoir pourquoi... je prétends que le fait que je sois une femme et donc "moins menaçante" pour son égo et peut-être aussi avec plus d'ouverture bienveillante, il a senti qu'il pouvait admettre sa vulnérabilité face à son ignorance.
Peu importe que ce soit ça ou non, moi je me sens vraiment fière qu'on ait senti qu'on pouvait me demander de l'aide à propos des technicalités d'un VR.
Tu t'rends compte qu'avant le 17 avril... je n'avais JAMAIS opéré ou conduit un VR de ma vie... J'suis fière, même très fière de moi! I DO IT.
C'était une pas pire parenthèse ça!
Donc il est 3 h du matin et je t'écris... j'pense que j'ai hâte de voir la vue devant mon VR en me levant! Je viens d'ouvrir la toile derrière et le ciel est magnifique! Il y a tellement d'étoiles... c'est splendide! Je ne sais pas s'il y a des aurores boréales ici?
Je vais essayer de me rendormir!
À tantôt.
Apprentissage #42: Être fière ce n'est pas être prétentieuse, c'est honorer tous les efforts pour atteindre nos résultats.
Mardi 14 juillet
Quelle chance incroyable j'ai d'être ici... malgré le fait que j'ai encore fait une courte nuit, j'ai surfé sur l'énergie que me procure ce décor fabuleux.
J'ai décidé de dormir encore ici, puisque je m'y sens bien et que j'ai du boulot aujourd'hui...
Tout est facile en ce moment et je vais prendre cette option pour recommencer ma route demain!
Aujourd'hui, je n'ai fait que des choses que j'aime:
Faire du Yoga
Marcher en nature
Parler aux miens
Me ressourcer sur le bord de l'eau
Rencontrer mes clientes
Manger de la crème glacée
J'ai lu
J'ai terminé la liste de mes 100 rêves (idée originale: Émilie Turcotte)
J'ai eu des beaux échanges avec 2 amies entrepreneures que je respecte et apprécie énormément.
Et j'ai constaté qu'il ne me reste que 5 dodos avant que mon amoureux arrive.
... et je me sens privilégiée
J'ai déplacé mon VR pour avoir l'impression d'être ailleurs. Ça marche.
Demain... on verra!
Apprentissage #43: J'apprécie de mieux en mieux la simplicité et je lui donne beaucoup de valeur.
Mercredi 15 juillet
Encore une courte nuit... ce qui fait qu'après avoir fini mon avant-midi j'étais déjà sans énergie.
SOLUTION: je reste ici encore une nuit.
Puisque c'est un peu la folie touristique (je m'en doutais bien), les campings se remplissent et je n'ai pas envie de prendre la route pour 50 km et devoir en faire 150 puisque les campings sont pleins.
Je vise donc de m'avancer le plus possible vers la sortie de la route pour m'approcher de Calgary et revenir faire Banff et le Lac Louise avec mon amoureux.
Après une p'tite rando.
Une p'tite méditation sur le bord du Lac (j'sais pas son nom).
Un bon dîner.
Je me suis mise au boulot.
C'était un peu difficile de rester "concentrée", surtout avec ma tendance à étudier la vie des autres et y trouver du plaisir.
Comme je suis ici depuis 2 jours, j'ai déjà pris mes aises (j'ai vraiment une bonne capacité d'adaptation, surtout si le lieu me convient).
D'être en aisance dans cet endroit, me permet de pouvoir laisser vaguer mon imagination à mon jeu préféré quand je suis dans une "talle" de monde que je ne connais pas.
Mon jeu a starté pendant que j'étais à la salle de bain et que j'ai entendu un homme crier et une toute petite voix de femme lui répondre... bein en fait, j'pense qu'elle lui répondait parce que je ne comprends pas ce qu'ils se disent: ce n'était ni de l'anglais, ni de l' espagnol, ni du français.
Je me suis donc pointée l'bout d'mon nez de fouineuse professionnelle par la porte moustiquaire et j'ai vu ce couple avec une ribambelle d'enfants sortir de leur VR, plus petit que le mien. J'ai pas trop eu l'temps de tout analyser, mais en voyant le gars sortir sa chaise de camping et s'évacher avec son cell et sa toute petite femme s'activer à surveiller sa ribambelle d'enfants, je suis pas mal assurée que le concept de "vacances" est beaucoup plus facilement intégré pour lui que pour elle.
Sa seule activité était de lâcher des cris d'mort quand les enfants semblaient sortir du rayon de 2 mètres du VR.
En fait, je ne l'ai pas étudié longtemps, puisqu'ils sont tous rentrés en d'dans pour crier les fenêtres fermées.
Puis est arrivé ce duo d'américains (si j'me fis sur leurs plaques d'immatriculation) avec leur gigantesque VR aussi longs que mon ancienne maison mobile, suivis de leur Jeep attachés derrières leur VR. Lorsque les VR se sont arrêtés et que les stabilisateurs ont été sortis, j'ai eu droit à la plus belle parade de mâles semi-alphas! J'suis pas certaine que te faire leur portrait sera très gentil... mais tant pis, j'ai envie d'être médisante un tout p'tit peu. Deux chauves dans la soixantaine, bedonnants (TRÈS bedonnants), des bas dans leur sandale, le chandail retroussé jusqu'au nombril, puisque leur gigantesque bedaine prend beaucoup trop d'place... avec chacun une canette de bière à la main.
J'ai rit.
Et je n'ai même pas eu le loisir d'essayer de leur inventer une vie, ils me l'ont étalé dans la face sans que je ne demande rien.
Et il y a ce charmant couple dans leur Van. Des Québécois que j'ai salué, mais avec qui je ne n'avais pas envie d'entretenir une conversation. En fait, je ne les ai pas vu beaucoup, sauf la gentille dame qui devait sortir son chien au 15 minutes pour aller le promener. On a 2 choix: soit son chien fait de l'incontinence. Soit son mari lui tombe sur les nerfs et elle cherche des raisons pour ne pas rester avec lui dans la Van.
Dommage que je n'ai pas pu plus les observer... j'aime bien examiner la vie des couples. Je me questionne souvent pourquoi ces couples se sont "matchés". C'est rare en titi que je vois un couple et que je suis assurée qu'ils s'aiment.
Tu m'diras que je juge... mais oui, c't'a ça qu'ça sert mon jeu pref! Y'en a qui écoute OD ou Les Feux de l'Amour... moi j'examine les gens et je leur invente une vie.
Je me demande ce que ces gens vont faire demain?
Apprentissage #44: Lorsque j'observe les gens et que je les juge, mon jugement n'a aucune valeur, puisque je ne connais pas du tout leur vérité et que je juge seulement selon ma vision. En plus, comme ils ne savent même pas que je suis en train de les juger, ça ne change rien à leur vie! Alors pourquoi donc j'ai si peur du jugement des autres? Premièrement, c'est quand même assez rare que les gens viennent nous faire savoir leur jugement en pleine face et en plus, leur jugement n'a aucune valeur, puisqu'ils ne connaissent pas notre vérité.
Jeudi 16 juillet
Et c'est un déparrtttttttttttttttttt.
Je pars tôt pour m'avancer sur la route 93 vers le Lac Louise et m'arrêter en chemin dans les plus beaux spots.
Je suis arrêtée 2h devant une splendide montagne... comme toutes celles qui sont ici, pour faire 2 rencontres.
Bizarrement, les derniers jours j'appréciais vraiment beaucoup le fait qu'il y ait beaucoup de monde autour de moi. Moi qui, d'habitude, déteste les attroupements touristiques. Ces derniers jours, ça me sécurisait.
Sauf que depuis tantôt, ça me fait rusher en titi.
Avant d'arriver en Alberta, je n'avais pas trop ressenti l'effervescence de la saison touristique. Mais depuis que j'ai mis le nez à Jasper... c'est complètement FOU. Au début ça ne me dérangeait pas du tout, puisque les dernières semaines je n'ai pas trop abusé des contacts humains. Mais depuis ce matin, je suis saturée.
Plus j'avance vers Banff et le Lac Louise, plus je commence à avoir envie de flyer directement vers Calgary et prendre mon trou dans le camping réservé pour l'arrivée de mon Amoureux, dimanche.
... mais bon, je vais prendre mon gaz égal et reprendre mes bonnes habitudes de régulation de mon système nerveux et j'vais ME gérer..
J'ai vu des lieux splendides aujourd'hui... des Lacs, des rivières et toujours en background des montagnes aux pics enneigés. Je capote comment c'est beau. L'eau des glaciers est si limpide et sa couleur si exceptionnelle... ça donne presqu'envie d'écrire des poèmes!!!
J'te l'ai-tu dis qu'aucun humain ne devrait mourir sans voir les Rocheuses.
Ça m'fait penser qu'il y a quelques jours, une amie m'a parlé d'un petit jeu à faire en 2 parties. La 1ère consiste à écrire 100 rêves de vie. Sans censure, en toute sincérité avec toi-même, tu écris 100 choses (très précises) que tu voudrais faire ou avoir avant de mourir. Tu m'diras 100 c'est beaucoup! Bein pas tant... si on considère qu'on vit jusqu'à 80 ans c'est même pas 2 par an dans toute notre vie.
Alors go fais-le, tu vas voir c'est très révélateur. Pour la 2e partie, quand tu l'auras fait, viens m'écrire en privé et je te dirai ce que tu dois faire avec tout ça. Voici les différents endroits où tu peux m'écrire: https://www.cathyfortin.com/contact
Apprentissage #45: Pourquoi on arrête de RÊVER quand on devient adulte? Pourquoi on met de côté la légèreté et l'ouverture dans lesquelles les rêves nous portent? Moi je veux avoir des RÊVES jusqu'à ma mort... je veux jouer, rire et rêver, jusqu'à 106 ans.
Vendredi 17 juillet
Pourtant je m'étais couchée avec des belles intentions... Celles de prendre ça cool ce matin et qui sait peut-être rester encore une nuit de plus dans cet endroit paradisiaque, si jamais un terrain en plein soleil se libérait.
À mon réveil, aucune de ces belles intentions n'a tenue!
Je me suis réveillée avec une boule au ventre, un stress... et je n'avais qu'une seule idée en tête, partir pour rouler vers le Lac Louise et ensuite me trouver un terrain de camping pour 2 nuits afin de profiter des Rocheuses seule, avant de partir vers Calgary.
Pourquoi j'feelais si mal, je ne le savais pas!
En fait, j'ai cru que c'était le fait que l'absence de signal internet m'insécurisait... et comme mon starlink demande que je sois connectée avec mon convertisseur qui lui, prend beaucoup de "jus" à mes batteries, qui ne sont pas super performantes, sans soleil pour remplir les panneaux.
Mais non, je ne feelais toujours pas mieux, quand mes batteries furent full et que mon starlink me donnait full signal.
Alors j'me suis dit que j'avais peut-être besoin de voir un bord de l'eau et marcher.
Mais non, je ne feelais pas mieux après avoir marché sur le bord d'un splendide Lac dont j'ai oublié le nom.
Alors j'me suis dit que c'est parce que je n'avais pas envie de me retrouver au Lac Louise et à Banff parmi un troupeau de touristes... et que je reviendrais de toute façon dans quelques jours en étant accompagnée.
Mais non, je ne feelais pas mieux en passant ma route sans arrêter à ces 2 endroits.
Alors je me suis dit que c'est parce que mon frigidaire était vide et qu'il n'était pas question que je mange du chili ou du spaghat encore ce soir.
Mais non, même après avoir rempli le frigo et le garde-manger, ça n'a pas passé.
Alors j'me suis dit que ça passerait quand j'aurai ENFIN trouvé un camping.
Mais ça tellement pris du temps (8hrs de viraillage et 7 campings visités).
Que c'est lorsque je fus bien installée au 7e camping que j'ai trouvé pourquoi je feelais si mal.
En fait, depuis ce matin, je vis entre 2 émotions intenses et je n'avais pas pris le temps d'observer et d'accueillir ce que je vivais.
Ce matin, je me suis levée avec une joie immense d'être à 2 jours de retrouver mon amoureux et d'ENFIN partager toutes les splendeurs que je vois avec quelqu'un en VRAI. Une joie immense de savoir que je rentrerais bientôt auprès des miens. Une joie immense de partager la route et la charge mentale de la gestion du VR.
Ce matin, je me suis aussi levée avec une tristesse profonde, d'avoir presque fini mon RÊVE. Ce rêve de traverser l'Ouest Canadien en VR. Ce rêve de rouler dans les Rocheuses et voir ses splendeurs. Une tristesse profonde de ne plus avoir tout cet espace seule pour prendre le temps de m'observer et revenir à mon essence et ma vraie moi. Une tristesse profonde de bientôt ne plus pouvoir prendre le temps de prendre mon temps.
Et voilà pourquoi, depuis mon réveil, j'ai pris une série de mauvaises décisions: je n'étais pas à l'écoute de mes ressentis et j'ai "compensé" un malaise, plutôt que de l'affronter.
Alors, pour les prochaines 48 heures... je veux:
- Honorer chacune de celles-ci en les remplissant de ce qui est adéquat pour moi.
- Honorer tous les défis que j'ai surmonté au cours des 45 derniers jours (et même avant), pour avoir la posture d'une femme nomade qui opère et conduit un VR seule.
- Honorer tous les km que j'ai roulé, les splendeurs que j'ai vues, les beaux moments que j'ai vécus.
- Honorer la chance que j'ai, d'être une femme courageuse qui va au bout de ses rêves.
Apprentissage #46: Prendre une mauvaise décision, ça réside seulement à prendre une décision sans être à l'écoute de ce qu'on ressent réellement.
Samedi 18 juillet
Il ne reste que 24 heures avant que la Partie 2 de mon roadtripdream ne prenne fin.
Si tu t'en souviens, j'avais divisé mon voyage en 4 parties après le 1er mois... parce que je sentais que les choses devenaient différentes:
Partie I - Le 1er mois, tout était un apprentissage et il fut tellement difficile et révélateur de plein de choses à propos de moi.
Partie 2 - Le moment où j'ai quitté l'Ontario. Je commençais à prendre mon rythme et à rouler avec aisance là où ça me tente, quand ça me tente et profiter des 24hrs de ma journée à faire ce dont j'avais réellement envie et besoin.
Partie 3 - C'est celle qui commence avec l'arrivée de mon amoureux. Ensemble nous passerons quelques jours en Alberta et ensuite on reprend la route vers le Québec.
Partie 4 - Celle qui demeure encore un mystère... Après quelques semaines au Lac St-Jean, est-ce que je pars vers l'Est? Est-ce que je pars vers Terre-Neuve? Est-ce que je fais le tour du Québec? Est-ce que je reste au Lac?
Tout est possible!
Alors comme je me le suis promis hier, j'ai honoré chacune des heures de cette avant-dernière journée en m'assurant de faire ce dont j'avais besoin pour faire le plein d'énergie et surtout pour être pleinement satisfaite de cette partie de voyage en solo.
Demain, j'entreprendrai ma dernière journée de route, puisque mon copilote m'a bien averti que c'était LUI qui conduisait! ... et je n'ai AUCUN problème avec ça.
Il y a quelques jours je me suis fait la réflexion de ce que la publication de mon journal de bord a créé dans mon écosystème.
Tout d'abord un grand nombre de nouvelles personnes qui me suivent sur les médias sociaux.
De nombreux commentaires suite à la lecture de chacune des semaines.
Et depuis quelques temps, de plus en plus de Fabuleuses femmes, viennent se confier à moi en privé pour me parler de leur rêve, de leur vie ou de leurs défis. Je suis tellement touchée par la confiance que ces femmes me portent, ça m'émeut à chaque nouveau message.
J'ai aussi remarqué qu'à chaque semaine, le nombre de lecteurs.trices diminuait.
C'est certain que le ton a changé, je suis beaucoup plus dans la profondeur par rapport à moi et mes apprentissages de vie.
Et puis, je me suis dit que peut-être les gens trouvaient ça redondant de m'entendre raconter mon périple?
Peut-être que j'étais moins "drôle" qu'au début?
Bref... je n'ai pas voulu faire une analyse en 106 points, jusqu'au moment où une amie m'a fait remarquer qu'au début les gens lisaient probablement pour voir si j'allais lâcher!
Sur le coup, j'voulais pas croire ça et en placottant, j'ai dû admettre qu'elle avait probablement raison.
Les gens n'ont pas toujours envie de lire les réussites et les succès (surtout au Québec)... et ils préfèrent lire la misère du monde ou leurs échecs.
Peu importe ce qui a fait diminuer le nombre de lectures avec les semaines, ce que je trouve extraordinaire c'est que présentement des femmes viennent me faire des beaux et touchants témoignages et j'en suis bien fière.
Pis t'sé, dans l'fond, ce journal de bord je l'ai d'abord fait pour moi!
Parce que j'adore écrire et parce que ça me permettait de rester connectée avec les miens!
Et nouvelle donnée: ça m'a permis de connecter avec des nouvelles personnes.
Je viens de réaliser qu'avec ces nouvelles connexions, je viens de remplir un autre des objectifs de ce périple que j'avais mis de côté durant mon voyage: Rencontrer des nouvelles personnes.
T'sé durant mon voyage, j'ai parlé avec plein de monde... mais je me suis rendue compte rapidement que je n'avais pas envie de créer de nouvelles relations et que je coupais court aux conversations pour me retrouver avec moi-même.
Et même si parfois j'ai trouvé la solitude lourde puisque je mourais d'envie de partager tout le beau que je découvrais, elle m'a été bénéfique pour réellement aller à la rencontre de moi en m'observant avec intention.
Alors demain, je prends la route... La dernière heure de route en solo.
Apprentissage #47: La liberté c'est d'être complètement alignée avec ce qui est présent pour nous: nos ressentis, nos besoins, nos désirs, nos rêves!

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