Journal de bord - Semaine 8 (de Kananaskis à Lac Louise à Régina)
Dimanche 19 juillet
Très tôt je me suis réveillée avec le bonheur dans le coeur de savoir que mon beat changerait dans quelques heures avec l'arrivée de mon Amoureux.
Et aussi un stress / une peur de ne pas être apte à bien partager mon espace dans la bienveillance.
Je dois absolument lui nommer, pas parce que c'est ce qui va arriver, mais juste pour dire que ça me trotte dans la tête... et que je ne veux pas être maladroite!
C'est bizarre parce que j'ai toujours partagé mon espace avec bonheur... pendant 53 ans... et là en l'espace de 50 jours, je pense que je ne serai plus capable de le faire.
Encore une fois... je devrai mettre en pratique: de plutôt me laisser flotter dans le moment présent
Tantôt je quitte pour Calgary... mais avant je profite de l'avant-midi pour fafouiner, m'entraîner et me faire un bon p'tit déj, puisque le check-out est à 14h. En fait, je pensais pouvoir faire tout ça... jusqu'au moment où, à 11h15, on est venu me dire que le check-out était à 11h.
Oups! Sorry...
En attendant dans la file de la Dump Station... un gentil Monsieur est venu me parler pendant que son réservoir se vidait... Il voulait savoir: What's Planete Femmes? J'adore ça quand les gens viennent à ma rencontre pour que je leur parle de Planète Femmes. J'suis toujours contente d'entamer la discussion en parlant de mon projet de coeur. Sauf qu'en anglais c'est pas toujours super clair... mais j'y arrive!
Rendue sur la route, je viens de me rappeler que je veux aller acheter de la bière pour mon copilote! Tu savais que dans les provinces de l'Ouest la bière ne se vend pas dans les épiceries ou les dépanneurs? Tu dois aller dans un Liquor Store (notre SAQ). Ça me fait penser que je n'ai pas pris 1 goutte d'alcool depuis le 3 juin. J'ai bu une bière avec mon amie Marie et depuis... rien!
En fait, j'ai diminué/arrêté de consommer de l'alcool depuis presque 2 ans.
Pourquoi?
Bein pourquoi pas?
... parce que j'en avais marre des lendemains de souper bien arrosé. Me lever tout croche et scrapper une journée à reprendre le dessus de la veille. Et surtout pour ma santé. Comme j'ai envie de vivre vieille... très très vieille et je veux être une vieille en santé, j'me suis dit que l'alcool devait être proscrit le plus possible pour mettre toutes les chances de mon côté.
C'est aussi quand j'ai découvert pourquoi je buvais, que ça m'a causé un choc... en fait, la majorité du temps, je buvais avec des gens et souvent, je buvais parce que je finissais par les trouver plattes! Alors je buvais de plus en plus pour alléger mon esprit et ma soirée. Quand j'ai pris conscience de ça, j'me suis dit: "T'es mieux de choisir les gens avec qui tu partages ton temps... ça va être mieux pour ta santé"
Je n'peux pas dire que j'bois pu... puisque je me permets de temps en temps, du Champagne, du bon vin rouge ou une ptite Corona avec lime.
Je viens de me permettre d'imaginer la légèreté dans laquelle sera ma vie en ayant quelqu'un avec qui partager ma charge mentale. Ohhhh quelle belle sensation.
Et surtout la joie de pouvoir partager tout ce qui est magnifique autour de moi.
Et aussi... le plaisir d'être avec mon Amoureux pendant 2 semaines.
Je ne sais pas si je trouverai l'espace pour venir écrire à tous les jours.
Je ne sais pas si j'en aurai envie.
On verra!
Apprentissage #48: Le changement ne fait pas souffrir, c'est la résistance au changement qui crée de la douleur (ok, je l'ai volé à quelqu'un d'autre cette citation, mais c'est la phrase parfaite pour exprimer l'apprentissage du jour)
Ohhh, je viens de recevoir un texto de mon Amoureux qui me demande si j'ai fini d'écrire ma journée et s'il peut ajouter "sa touche"... je dis oui instantanément!
Dimanche 19 juillet: Version Yanick
Mon
arrivée dans son univers...
En route vers Québec, où je dois prendre mon premier vol en direction de Montréal, puis Calgary, je reçois un appel de mon amoureuse, Cathy.
Dès les premiers mots, je sens le stress dans sa voix. Quand elle me demande comment je vais, je comprends rapidement que c’est surtout elle qui ne va pas très bien. Elle se questionne sur ce qui nous attend une fois que je serai arrivé.
Vivre à deux dans un espace de 200 pieds carrés, ça vient avec son lot de défis. Elle a peur qu’on finisse par se chicaner, que ça ne fonctionne pas, que la proximité devienne trop grande. (En même temps… il est un peu tard pour revenir en arrière!)
Vous la connaissez… Cathy a toujours besoin d’exprimer ce qu’elle ressent. Et c’est une qualité. Mais parfois, elle se met beaucoup de pression avec ses propres inquiétudes.
Quelques heures plus tard, j’embarque enfin dans le premier de mes deux vols.
À la porte d’embarquement, une agente très gentille m’informe que je ne peux pas apporter deux bagages de cabine… surtout quand, techniquement, j’en ai trois!
Avec mon plus beau regard de gars qui « ne savait vraiment pas » et mon air le plus innocent, je lui explique que je croyais sincèrement être conforme.
Elle me regarde, sourit et me dit :
« Le vol n’est pas complet… allez-y comme ça. »
Merci,
madame! Une première petite victoire pour commencer cette aventure.
J’embarque ensuite pour mon deuxième vol… enfin, presque! Il affiche déjà 30 minutes de retard.
En attendant l’embarquement, je planifie mon arrivée à Calgary et surtout mon transport jusqu’au camping. Je commence donc à regarder les taxis…
162 $ ??????
Cibole! À ce prix-là, j’espère qu’il vient chercher mes valises, les transporte jusqu’au VR, les défait, range mon linge dans les armoires… et pourquoi pas me faire un café en arrivant!
Finalement, je regarde du côté d’Uber. Pour le même trajet d’environ 20 kilomètres, la facture est de 55 $. C’est beaucoup plus raisonnable. La décision est vite prise!
Le voyage est maintenant bien lancé. Chaque étape me rapproche un peu plus de Cathy, de son univers… et de cette aventure que nous nous apprêtons à vivre ensemble.
Lundi 20 juillet
Apprentissage #49: Parfois, y'a rien à dire... juste profiter du moment présent, devient le meilleur apprentissage.
Mardi 21 juillet
Apprentissage #50: Pour être reconnue, vue et entendue... il faut reconnaître, voir et entendre!
Mercredi 22 juillet
J'ai été très généreuse dans mes partages depuis le départ de mon voyage... et j'ai aussi reçu beaucoup, puisque chaque retour en commentaires m'a fait énormément de bien!
Là j'ai besoin de profiter de la légèreté du voyage à 2... du partage de la charge mentale... du bonheur de retrouver mon amoureux et de voir ce que nous allons construire ensemble pour la suite.
Donc, je vais sûrement sauter des journées d'écriture.
J'ai décidé de ne pas me mettre de pression et plutôt intégrer doucement tous les apprentissages des 51 derniers jours.
J'ai besoin de douceur et de savourer le moment présent sans à me soucier de ce que JE DOIS faire.
J'ai l'impression que la Partie 3 de me voyage, me permettra de sortir du mode "survie"... pas que je faisais pitié et que je vivais dans la brousse africaine... mais que les 2 derniers mois, RIEN ne ressemblait à ce que j'avais comme vie d'avant.
J'ai vendu ma maison.
J'ai déménagé dans mon VR.
J'ai entreposé mon stock chez mon fils.
J'ai vécu entre mon VR et la maison de mon amoureux.
J'ai appris à opérer mon VR
J'ai appris à conduire mon VR
J'ai apprivoisé des routes et des lieux nouveaux à chaque jour.
J'ai vécu le 3/4 de mon temps à me questionner si tel ou tel émis par mon VR était normal.
J'ai apprivoisé les grands vents qui venaient frapper mon VR pendant que je conduisais.
J'ai réfléchi mes ressources primaires à chaque minute de ma vie (électricité - eau - internet).
Je me suis disciplinée à poursuivre mon travail à travers TOUTE ma nouvelle charge mentale.
BREF, à part manger - dormir - marcher - aller aux toilettes... TOUT était nouveau!
Voilà pourquoi je te dis que j'étais en mode "survie", j'apprenais à mon système nerveux que nous n'étions pas en danger, mais plutôt en réinitialisation de mode de vie. Et ça, madame... ça prend de l'énergie en titi.
Donc, je n'étais pas tellement "créative", même si je pensais l'être X1000.
J'aurais dont voulu finir de créer mon projet de Collectif des Bâtisseuses qui sortira à l'automne.
J'aurais dont voulu enregistrer plein de vidéos pour ma chaîne Youtube.
J'aurais dont voulu créer encore plus de contenus dans les endroits magnifiques où j'étais.
J'aurais dont voulu avancer le livre que j'écris pour ma petite fille.
J'aurais dont voulu créer de nouvelles relations.
J'aurais dont voulu créer de nouvelles opportunités business.
Heyyyyyyyyyy non, ça n'aura pas été comme ça!
Mais entre toi pis moi: rouler plus de 7000 km seule vers l'Ouest Canadien, dans un VR... c'est pas pire quand même.
Apprentissage #51: Lorsque l'on est en mode "survie" on ne peut pas être créative en s'ouvrant aux autres ou en créant du beau... On en a seulement pour nous!
Jeudi 23 juillet
Ça y'est... on repart de Canmore vers le Québec.
J'ai hésité: "Hey chéri, qu'est-ce que tu dirais si on allait au BC et qu'on retardait notre départ d'une journée?" - ... pas d'problème, c'est toi qui décides, m'a-t-il répondu!
J'feelais tout croche depuis hier... et ce n'est pas d'la faute de mes 2 coupes de vin rouge d'hier soir!
En fait, je redoute vraiment beaucoup mon retour à la "maison". Je mets maison entre guillemets parce que ma maison c'est maintenant mon VR, en fait, jusqu'en novembre.
Je ne sais pas "où" je vais vivre, après.
Plusieurs options sont sur la table, mais je ne sais pas encore ce que j'ai réellement envie et ce qui sera le mieux pour moi.
Ça ne m'inquiète pas du tout... la réponse viendra au moment opportun.
J'aime bien prendre ce genre de décision à court terme et voir ce que la vie me donne comme opportunité.
Je l'ai fait souvent... entre autre, lorsqu'on a vendu notre première maison et qu'on s'est acheté une roulotte pour s'installer saisonnier dans un camping en attente de notre déménagement à Chibougamau. Mon fistounet avait alors 3 ans 1/2 et tout s'est placé comme un couteau chaud dans du beurre.
J'aurai la même attitude d'ici novembre.
Surtout que j'ai une tonne d'options pour la Partie 4 de mon roadtripdream qui se poursuivra après 1 mois au Lac St-Jean.
Ohhhhhhhhhhhh c'était une longue parenthèse ça.
Donc je redoute mon retour, puisque je souhaite de tout mon coeur être apte à poursuivre mon chemin auprès des miens en continuant d'être à l'écoute de mes ressentis et de mes besoins.
J'ai peur de ne pas pouvoir continuer d'adopter les comportements adéquats pour être de mieux en mieux moi-même.
J'ai peur de ne pas pouvoir assumer mes besoins, les nommer, faire la place à qui je suis avec mes envies, mes désirs et prendre ma juste part de ce que je dois prendre dans mes relations.
Pour te faire une p'tite mise en contexte courte: je suis (oups, j'étais) plus de genre à m'assurer que les besoins des autres soient répondus, parfois même, au détriment des miens.
Comme si, mes besoins avaient une moins grande valeur ou légitimité.
Comme si moi je pouvais m'adapter à tout et ainsi m'assurer que les autres soient bien.
Ce qui fait en sorte que la majorité du temps, mes relations me drainaient une énergie terrible et ce n'est que lorsque j'étais seule ou avec de très rares personnes que je trouvais satisfaction à mes besoins.
Avec ce périple, j'ai pu me permettre d'être réellement à mon écoute et devenir une "master" de mes ressentis. (c'est une expression de mon amie Émilie, la "master" du HD)
Maintenant, l'enjeu sera de voir si je peux rester ancrée dans cette nouvelle posture lorsque je suis au contact des gens que j'aime et accepter que la relation risque d'en être fragilisée.
Donc, dorénavant je ne prends que ma juste part de la relation... je vais faire de gros efforts, car c'est vraiment contre intuitif pour moi.
Le fait de me retrouver avec mon amoureux seuls tous les deux, m'aide à me pratiquer dans mes nouveaux comportements. Et ça va bien!
On a finalement changé d'idées et on a pris la route vers le retour.
Mais avant, fallait trouver une dump station, histoire de ne pas traîner notre vieille m**** jusqu'à Calgary.
Tout d'abord une p'tite mise en contexte:
Depuis que j'ai acheté mon VR, c'est pas mal tout l'temps Yanick qui fut ma référence pour "apprendre" à opérer ma machine. Quand je doutais de ses conseils (chut faut pas lui dire), je poussais mes recherches plus loin, sans lui dire, histoire de protéger son orgueil de mâle.
Mais maintenant, je le dépasse grandement dans les opérations VR puisque j'ai d'l'expérience derrière la cravate.
Comme il sait que je suis un peu à boutte de penser à tout, toute seule, il prend en charge ce qui m'énerve le plus: la conduite et vider la fosse septique... sauf que vider des égouts de VR ça prend une certaine technique (pas compliquée, mais quand même) parce que si l'opération échoue, les conséquences sont dégueulasses.
Mise en contexte terminée.
Je laisse Yanick s'installer à la super dump station à 4 allées et on discute ensemble:
Moi: As-tu besoin d'aide?
Lui: Non
Moi: Aimerais-tu que je le fasse?
Lui: Non
Moi: J'peux l'faire, tu sais... j'suis rendue une pro?
Lui qui est en train de sortir le tuyau pour le plogguer sur le trou dans le sol: Os***, j'pense que j'ai ouvert la trappe en l'accrochant avec le tuyau.
Moi: C'pas grave on va faire ça vite en ouvrant le bouchon... je vais l'ouvrir, toi ploggue le tuyau.
Lui: T'es certaine
Moi: Ça va dégoûter mais on va faire ça vite et on essuiera après.
...
...
...
Nous deux: Cr***
Moi: J'aurais dû m'mettre des gants
Lui: Pu besoin je m'occupe du reste, j'suis ok chérie, tu peux retourner finir à l'intérieur.
Parce qu'on a fait ça nous... de manière bein naturelle... reprendre les rôles traditionnels: moi j'range à l'intérieur et lui à l'extérieur.
Donc je retourne à l'intérieur et je me lave compulsivement les mains avec 106 débarbouillettes humides, puisque j'peux pas me servir de l'eau, on est en mode: vidange.
Je retourne vite à l'extérieur et je checke comment Yanick a installé le bout du tuyau qui va dans le trou qui sert de vidange au sol.
J'suis vraiment pas sûre de son installation.
Moi: T'sais la roche qui est à côté du trou, elle est là pour qu'on l'utilise pour tenir le tuyau comme il faut dans le trou.
Lui: Pas besoin tout est sous contrôle.
Moi: Pis moi des fois, je place mon pied dessus pour m'assurer que le tuyau ne ressorte pas.
Lui: Pas besoin tout est ok, chérie.
J'pense qu'il est sur le point de me trouver gossante...
Mais je sais très bien que c'est pas correct son affaire.
Je préfère préserver son égo et au pire, il vivra un apprentissage par l'expérientiel. Alors je décide de m'éloigner puisqu'il s'apprête à tirer la clanche des eaux noires, retenant le "stock" des toilettes.
Moi: Cr*** chéri, le tuyau va lâcher
Lui: Bein non....
Lui: Cr***
C'était dégueulasse, l'un des moments les plus désagréables de mon voyage.
Je ne sais pas comment on a fait, mais on a réussi à replacer le tuyau sans être aspergés par notre propre m****.
Plus aucune parole ne fut échangées... et nous nous sommes mis machinalement à ramasser tout ça et à nettoyer les "restants".
Ce que je trouve de plus beau, ni lui, ni moi n'avons pogné les nerfs contre l'autre.
Et je pense que l'expérience fut assez riche en apprentissage, pour mon Homme.
On reprend la route, en ayant comme intention d'improviser et choisir nos spots de dodos au gré du vent en se disant: "Au pire on dort dans la cour d'un WalMart".
La température étant de plus en plus étouffante.. on décide plutôt de faire la recherche des campings pour s'assurer de pouvoir faire marcher le climatiseur, durant la nuit.
Des campings de dernière minute en plein mois de juillet, c'est une denrée rare en titi! Sauf, qu'encore une fois, j'ai eu la preuve que j'avais une bonne étoile ou si tu veux: que j'ai l'cul béni! J'te raconte la p'tite histoire...
On était dans le stationnement d'un camping sold out et on s'est mis à la recherche de trouver un autre camping.
Après 15 minutes à chercher tous les deux sur nos cells... un monsieur en bedaine, la canette à la main arrive près de la vitre du côté de Yanick et lui demande si on a besoin d'un terrain pour la nuit?
Yes Yes Yes, qu'on lui répond.
Et il nous offre le terrain qu'il a payé pour son fils et qui, finalement ne peut pas arriver avant demain matin.
Non mais t'sé, on est tu assez chanceux!!!
Fait qu'un gros merci à Don et Ingrid pour leur générosité... et pour nous avoir permis de dormir à l'air climatisé.
Ce qui nous donne envie de prévoir les 2 prochains soirs pour éviter de suer d'la raie dans une cour de WalMart.
Apprentissage #52: Être capable de se suradapter, ça nous rend agréable à côtoyer et à vivre... mais ça épuise. L'adaptation c'est un comportement utile, mais à trop grande dose la suradaptation devient nocive.
Vendredi 24 juillet
J'pense qu'on va être capablee de trouver notre beat!
Les 2 prochains jours ce sera: route, rando, golf, camping à l'air climatisé, bord de l'eau, boulot et chiller dans nos chaises hamac... et peut-être même jaser.
C'était ma 1ère séance de boulot "en roulant" et j'te confirme que ça brasse en jupiter assise derrière sur la banquette du VR.
440 km plus tard, on est bien installé à Régina. D'ailleurs c'est pas super beau la ville de Régina... Par contre, pouvoir voir les paysages que la route nous offre, me rend très heureuse. Et ça nous permet des belles discussions sur l'économie de notre beau pays. On aime ça nous deux parler de politique, d'économie, de développement et de croissance personnelle. Oups... non, je blague! On jase pas bein bein de croissance perso ensemble!
Bien assise dans ma chaise hamac pour rédiger mon journal de bord, mon Homme qui revient de faire son lavage me demande s'il peut contribuer en écrivant quelques mots... je lui laisse l'espace, avec plaisir.
Semaine #8 - Version Yanick
Mon intégration se passe très bien dans le merveilleux monde nomade de Cathy. Les craintes que nous avions soulevées au départ ne semblent pas se matérialiser, et c’est une excellente nouvelle, parce que faire du pouce à partir de Calgary aurait été un peu intense pour moi!
Quelques visites incontournables s’imposaient avant notre journée de golf. Après quelques centaines de kilomètres depuis Calgary, en passant par le lac Louise et Banff, nous voilà enfin à Canmore pour jouer au Silvertip Resort Golf Course. Un terrain exceptionnel, autant à voir qu’à jouer pour tous les amateurs de golf.
Je disais à Cathy avant de partir : « Ce serait bien de jouer avec un pro connu! » Finalement, je n’ai pas joué avec un professionnel du circuit, mais avec le développeur du terrain. Pas l’architecte, mais celui qui a concrètement réalisé le projet. Un sympathique monsieur originaire du Québec, déménagé très jeune en Alberta, qui a presque perdu tout son français. Un homme d’une grande gentillesse et un excellent joueur. Une très belle rencontre.
Bon, assez parlé de golf, on doit reprendre la route! Départ de Canmore en direction de Calgary avec un arrêt bien important : aller magasiner nos bottes de cowboy pour notre activité de retour au Festival du cowboy de Chambord.
Nous roulons depuis quelques jours déjà et le temps passe à une vitesse folle. Entre la recherche des terrains de camping, comme elle vous l’a sûrement mentionné, le choix des endroits où arrêter dîner et les paysages qui défilent devant nous, on ne voit pas les journées passer. Après les somptueuses Rocheuses, nous découvrons les vastes prairies. Elles peuvent sembler monotones à première vue, mais je les trouve personnellement fascinantes.
Nous sommes maintenant rendus à Regina, en ce vendredi journée où ont lieu les funérailles de ma grand-mère, décédée tout juste avant mon départ. Une pensée toute spéciale pour elle aujourd’hui.
Au cours des derniers jours, je me suis aussi affairé à faire quelques petites réparations, améliorations et modifications sur le VR afin de rendre notre aventure encore plus efficace et agréable.
Ah oui… elle vous a certainement raconté ma toute première expérience à la station de vidange… et surtout la façon dont je l’ai gérée! Disons simplement que j’ai encore quelques notions à maîtriser dans la vie de nomade!
Bref, tout va très bien et cette aventure est jusqu’à maintenant à la hauteur de nos attentes. Quel beau voyage… et ce n’est que le début!
Apprentissage #53: Ça sert à rien de forcer les choses, parfois il suffit de prendre 3 grandes respirations, prendre 2-3 pas de recul et laisser aux autres la possibilité d'offrir les opportunités.
Samedi 25 juillet
C'est un tout autre beat depuis que mon Yanick est là et ça m'convient parfaitement.
Puisque je fais beaucoup d'anxiété, je me sécurise avec une routine matinale qui me permet de pouvoir mieux "gérer" l'inconnu qui se présente le reste de la journée.
Et avec ma nouvelle vie de nomade, de l'inconnu y'en a beaucoup. Alors les 50 derniers jours, je n'ai pas dérogé de ma routine.
Maintenant que je partage mon espace, il faut que je m'adapte... sans me suradapter... mais je trouve mon beat et je respecte le sien.
Moi et Yanick sommes 2 êtres assez intenses, avec des bulles très épaisses... on a besoin de nos espaces personnels respectifs pour mieux revenir vers les autres!
En couple, dans 200 pieds carrés, ça peut devenir un enjeu majeur.
Nous on a décidé qu'on déjouerait cet enjeu, sans tomber dans le déni.
La version de moi d'avant 52 jours, aurait tout fait pour rendre la vie la plus facile possible à son amoureux en ne tenant pas compte de ce qu'elle a besoin. Et un moment donné elle aurait tellement été écoeurée de se suradapter qu'elle aurait fini par péter un plomb.
La Cathy connectée à ses besoins et à sa juste part de responsabilité dans la relation est beaucoup plus zen, beaucoup plus calme et surtout moins "en attente" de quoi que ce soit de la part de l'autre.
Je travaille fort par contre pour m'en tenir à mes nouveaux comportements. Et j'y arrive bien... je crois!
Mon amoureux a fait sa 2e vidange de fosse septique avec succès... et moi je ne l'ai même pas checké.
C'est vraiment pas facile pour moi de le laisser "gérer" tout ce que je gérais... même si j'apprécie énormément ce partage de la charge mentale!
Ce matin on prenait chacun not'bord: lui vers le golf, moi vers une rando et du boulot.
J'aime bein ça pouvoir faire mes affaires et voir mon Homme faire les siennes.
Nous reprenons la route vers le Manitoba.
C'est à Oak Island Resort, un camping sur un bord de Lac avec une plage et un terrain d'golf que notre route s'arrête pour aujourd'hui: le plan parfait pour nous deux.
Apprentissage #54: L'amour c'est une émotion, un sentiment... mais surtout un choix. Au début, il y a quelque chose de stimulant, d'attractif... la suite, appartient au choix qu'on fait pour rendre ça VIVANT.

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