La plus grosse erreur que j'ai fait!
C'est en repensant à mon été, que j'me suis aperçue de la plus grosse erreur que j'ai fait...
La s'maine passée j'me suis demandée: "Est-ce que c'est normal que j'ai l'impression de ne pas avoir vécu mon roadtripdream pour vrai?"
T'sé bein que j'me suis questionnée pour savoir: POURQUOI j'me sentais d'même!
Mais avant de t'dire pourquoi, et juste pour bien situer pourquoi j'ai fait cette si grosse erreur, j'veux m'assurer que tu m'connaisses bien.
Si ce n'est pas l'cas, sache que je ne choisis pas toujours la voie la plus facile, parce que j'suis impatiente et que je cherche plutôt la voie qui me donnera les meilleurs résultats, de manière la plus efficiente.
D'ailleurs, un jour mon ExPref m'avait fait remarquer que sa philosophie était: "dans le doute, je m'abstiens" et que la mienne était: "dans le doute, je plonge"
C'qui fait que parfois j'me donne ça plus dur que la majorité du monde.
Pas parce que j'me pense meilleure qu'les autres, mais parce qu'avec ma vision de Licorne, je vois d'abord le beau, le fun et le possible. Pis pour vrai, j'me trouve chanceuse de voir les choses ainsi... j'voudrais pas être une lucide négative aux tendances cyniques.
J't'explique.
En juin 2025, quand j'ai pris la décision de préparer mon roadtripdream, j'ai même pas eu l'idée de tester le terrain. Pas un petit road trip de 4 jours pour voir si j'aimais ça. Nenon!
Parce que t'sé... j'étais convaincue que j'aimerais ça être nomade.
J'avais mis aux oubliettes une seule petite, TOUTE petite, info que j'n'avais pas mise dans mon beau grand plan : Moi, j'ai jamais conduit ni opéré un VR... de ma vie.
Jamais.
Pas une fois.
Zéro.
Nada.
Fait que t'as compris : la plus grosse erreur que j'ai faite, c'est ça.
Partir 5 mois, en mode nomade, dans une machine que j'ne savais pas conduire, que je n'savais pas vidanger, pis dont j'ignorais les manoeuvres de bases en cas de pépins mécaniques, électriques ou autres.
Mais dans mon rêve... tout était aussi doux et joyeux qu'une licorne qui glisse sur son arc-en-ciel: je pars, je conduis mon beau VR tout neuf qui sent bon, le vent dans les cheveux, la musique à fond, pis je découvre l'Ouest du pays en toute liberté.
Sauf que dans la vraie vie, ça ressemblait plus à :
Mes 2 mains crispées sur le volant à la position: 10h et 10h en tout temps.
Le cœur qui bat à 160 quand j'vois une affiche de pente à 12%.
Les bras en compote de retenir le volant pour m'assurer que les vents de 60km/heure ne me feront pas prendre le bord du fossé.
Le cerveau qui spinne de peur de briser le dessous du VR lorsque mon cr*** de GPS me fait passer par une route de gravelle sur plus de 25km.
Bref... j'étais pas prête à ça pantoute.
Avant chaque départ, je faisais mon petit tour de Miss controlfreak pour vérifier 106 fois si mes coffres étaient bien barrés, si mes pneus étaient suffisamment gonflés, si la clanche du réservoir des égouts était belle et bien fermée, si les barrures de la porte du frigo était fermée, si l'auvent été bien clanché, si tout était bien rangé pour ne pas que je reçoive quelque chose en arrière d'la tête, en cas de freinage brusque.
Pis là, une fois que tout ça était checké, je montais dans mon VR en PRIANT que j'ai rien oublié, parce que la dernière chose que j'voulais, c'était qu'il m'arrive quelque chose devant spectateurs... et surtout que j'sois pognée pour demander de l'aide "in english".
Pis ici, tu t'attends probablement à ce que je te raconte une série de désastres. Le fameux top 3 de mes pires badlucks: genre une extension oubliée, des eaux usées qui coulent partout, le contenu du frigo qui se vide parce que j'ai freiné trop vite.
Bein non!
C'est ça, le vrai punch de mon histoire : y'é RIEN de grave, qui est arrivé.
Aucun accrochage.
Aucun déversement d'égoût (sauf quand quelqu'un d'autre avait pris la tâche en main).
Aucun dégât de stock pour freinage soudain.
Aucun "flat".
Aucun appel CAA nécessaire (sauf avant de partir).
J'ai jamais eu besoin de 14 manœuvres pour me stationner dans un espace serré entre deux arbres.
Mon VR est revenu de l'Ouest dans le même état qu'il était parti, pis moi aussi, en fait, physiquement en tout cas.
Ai-je été chanceuse?
OUI... TRÈS, comme dans la majorité des situations de ma vie en général.
Mais voici le hic : même si RIEN n'est arrivé, j'ai passé mon été à anticiper TOUS les scénarios catastrophes possibles et inimaginables.
Avant chaque stationnement, mon cerveau me jouait déjà le film, de l'arbre trop proche, du voisin qui me regarde en sortant sa chaise de parterre pour assister au spectacle, de moi qui attend le CAA sur le bord de l'autoroute pour une crevaison.
Avant chaque vidange, je m'imaginais déjà avec de la mar** jusqu'aux coudes.
Avant chaque départ, je repassais trois fois dans ma tête la liste des affaires qui pourraient s'échapper.
Résultat : zéro incident. Mais un stress aussi intense que si j'en avais vécu dix.
Ok, jusqu'ici, c'est presque drôle, même absurde!
Voici où ça devient moins drôle.
Quand j'ai réalisé cette semaine, que dans l'fond cette impression de ne pas avoir vécu toutes les belles choses pour VRAI durant mon Roadtripdream, c'est qu'en fait... je m'étais trop laissé emportée par l'anxiété dû à l'anticipation d'un drame.
Pas parce que j'les vivais pas les belles choses... Les couchers de soleil, les paysages à couper l'souffle, les gens si gentils, les matins tranquilles à admirer une vue spectaculaire.
Mais moi, j'étais pas vraiment disposée pour bien les recevoir.
J'étais en mode survie constant.
En hypervigilance permanente.
Mon cerveau n'était pas pleinement en train de savourer le coucher de soleil.
Il était en train de calculer :
Ok, mais est-ce que j'ai bien vérifié l'huile hier soir en arrivant?
Est-ce que j'ai suffisamment d'eau dans mon réservoir?
Est-ce que mes batteries vont garder leur charge?
Est-ce que je vais réussir à me rendre à destination sans me perdre?
Est-ce que je vais faire un "flat"?
Tu sais ces moments où ton corps est à un endroit, mais ta tête est complètement ailleurs, en train de scanner 15 scénarios catastrophes qui ne vont probablement jamais arriver?
Ça a pris beaucoup de place... dans mon été.
Une trop grande place où le mode "savourer" a été remplacé par le mode "surveiller".
Pis le pire dans tout ça, c'est que je surveillais des affaires qui n'arrivaient même pas.
Pis ça, c'est plate à dire, mais c'est pas ça ma vraie erreur: pas de n'avoir pas su conduire et opérer un VR.
Mais de m'avoir mis tellement de pression pour tout faire "comme il faut", que j'en ai presque manqué le vrai cadeau du voyage : LA PRÉSENCE.
C'est pour ça que j'ai eu si souvent besoin de m'arrêter et de me déposer 3-4 jours dans un camping.
Alors là, tu t'dis probablement : "Ok Cathy, c'est ben beau ton histoire, mais c'est quoi la morale? Que t'aurais pas dû partir avant d'être suffisamment prête?"
Ben non. Enfin, oui, probablement que ça m'aurait évité pas mal de stress. Mais c'est pas ça, le vrai punch de mon histoire.
Le vrai punch, c'est que cet état de vulnérabilité-là, cette hypervigilance-là, ce mode survie qui m'a tenue sur le qui-vive pendant des mois (même quand rien n'arrivait)...
Ça m'a obligée à aller voir qui j'étais, pour de vrai, dans le bas-fond de mon être.
Parce que quand t'es dans l'confort, t'as pas besoin de te poser trop de questions. T'as pas besoin de creuser. La vie roule, pis toi avec.
Mais quand t'es dans l'inconfort, le vrai, celui qui te colle au corps à chaque jour, celui qui te garde éveillée la nuit à anticiper des affaires qui finissent même pas par arriver... là, t'as pas le choix de te regarder en face.
Pis c'est exactement ce qui m'est arrivé.
J'ai été obligée de me demander souvent : "Cathy, c'est quoi que t'as VRAIMENT besoin pour te sentir en sécurité?"
Pas la sécurité qui vient de l'extérieur. Pas la sécurité qui vient du fait qu'on contrôle TOUT ou d'essayer de TOUT anticiper parfaitement. La VRAIE sécurité. Celle qui vient d'en-d'dans.
Chaque fois que mon cerveau partait en peur vers un scénario négatif, j'ai dû apprendre à me faire confiance, encore mieux, encore plus...
À respirer dans l'incertitude.
À accepter que j'pouvais pas tout prévoir, pis que c'était correct pareil.
J'ai appris à m'parler autrement. Au lieu de me dire "Et si telle ou telle chose arrivait, je dois me préparer au pire!"
J'ai plutôt commencé à m'dire "Et si tout allait bien, comment je me sentirais... Fais confiance."
Pis comment on fait pour faire encore mieux confiance en la vie????
Bein on apprend à tolérer les inconforts. On ne cherche pas à les éviter ou à s'étourdir quand ils arrivent.
On respire dedans, on les vit, on les accueille et on les laisse se dissiper.
J'ai aussi appris à demander de l'aide. Chose que j'faisais JAMAIS avant.
Parce que, tu te souviens: j'suis la fille qui a acheté sa maison toute seule parce qu'elle était capable toute seule.
Pis là bein, un moment donné, dans le grand stationnement devant le glacier Athabaska où tous les VR étaient cordés comme des sardines et que j'me suis r'trouvée en plein questionnement anxieux entre 2 VR, j'ai pas eu le choix de demander à un trop beau monsieur :
"Euh, excuse me... can you help me and by guiding me, please."
Ça p't'être l'air nono pour toi, dit de même, mais pour moi, c'était énorme.
J'pensais ramener des beaux souvenirs de coucher de soleil et rencontrer plein de nouvelles personnes.
J'en ai quand même ramené, mais ce que j'ai VRAIMENT ramené, c'est bien plus précieux que ça.
J'ai ramené la preuve que je suis capable de passer à travers un inconfort total sans me désintégrer.
J'ai ramené la capacité de rire de mon anxiété au lieu de la nourrir pendant des heures.
J'ai ramené une relation différente avec le contrôle.
Parce qu'avant, je pensais que ma sécurité intérieure, venait de ma capacité à tout organiser au quart de tour.
Maintenant, je sais que la vraie sécurité, c'est d'avoir la certitude que je vais être correcte même si je ne prévois pas tout.
Peu importe qui m'entoure.
Peu importe dans quel environnement je suis.
Peu importe la situation où je me trouve.
J'ai ramené une sécurité intérieure que même 10 ans de thérapie n'auraient pas réussi à m'amener.
Parce que l'inconfort, le vrai, celui qui te pousse à aller dans tes profondeurs, c'est le meilleur enseignant du monde.
Pas le plus agréable.
Mais le plus efficace.
J'ai ramené la sécurité intérieure que je croyais avoir trouvé lorsque j'ai acheté ma maison seule.
En fait, je l'avais installé cette sécurité intérieure... mais c'est dans mon roadtripdream que je l'ai intégré profondément en moi.
Alors, erreur ou pas?
Honnêtement?
C'est la plus belle erreur que j'ai pu faire.
Oui, c'était une erreur de stratégie. J'aurais probablement dû prendre quelques heures de formation avant de partir. J'aurais probablement dû partir quelques fins de semaine pour tester mes capacités à "opérer" mon VR. J'aurais probablement dû me donner un peu plus de marge pour apprendre AVANT de me lancer dans mon Roadtripdream, histoire de laisser mon système nerveux respirer un peu.
Mais si j'avais fait ça, si j'avais tout préparé, tout maîtrisé avant de partir... j'aurais pas eu accès à ce niveau-là d'introspection.
Je pense pas que j'aurais été obligée d'aller chercher si profondément en moi pour retrouver ma vraie essence, celle qui reste debout même quand mon mental invente des catastrophes quand y'en a pas.
Des fois, c'est pas en préparant tout qu'on grandit le plus. C'est en se garrochant dans le vide pis en réalisant, après coup, qu'on n'a jamais vraiment coulé.
J't'avoue que c'est pas la méthode la plus confortable... mais c'est définitivement la plus transformatrice.
Alors, j'te pose la question, Belle Humaine : c'est quoi, ta dernière "belle grosse erreur"?
Celle qui t'a fait tellement ch*er, tellement stresser, tellement te sentir dépassée... alors que finalement, rien de dramatique n'est arrivé, mais que t'as appris d'quoi que t'aurais jamais appris autrement?
Parce que j'pense qu'on se fait souvent du mal à vouloir TOUT prévoir avant de se lancer.
On attend d'être VRAIMENT prête.
On attend d'avoir éliminé tous les risques, checké tous les scénarios.
Mais la vie, la vraie, elle arrive souvent dans l'incertitude.
Et notre force réside dans notre capacité à tolérer l'inconfort qui vient avec l'incertitude et dans notre capacité à continuer d'avancer doucement malgré cet inconfort.
Pour ma part, l'été prochain, je vais savoir conduire et opérer mon VR avec beaucoup plus de confiance. L'été prochain j'vais sûrement refaire plein de beaux roadtrips.
Mais je ne changerais absolument rien à l'été 2026, pour la revivre autrement.
Parce que ma sécurité intérieure et tous ces beaux moments que je peux réancrer en revoyant en photo tout ce que j'ai vécu, je n'aurais pas pu les vivre autrement.
Parce que c'est dans l'anticipation du chaos que j'ai fini par trouver ma vraie sécurité intérieure.
Pis ça, ça vaut cher. Plus cher que les 6 gros pneus neufs de mon VR... que j'ai même pas eu besoin de remplacer, en passant.

Bravo Cathy! Je suis très fier de toi. Merci du partage ☺️✌️
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