Journal de bord - semaine 4 (de Hurkett, Ontario à Falcon Lake, Manitoba )

Lundi 22 juin

J'ai dormi à Hurkett... chez des gens particulièrement gentils et bienveillants! 

Ils ne demandent pas un sous, pour s'installer dans leur cour et nous offrent même l'électricité.

J'ai quand même laissé un p'tit cadeau (des produits achetés la veille chez le producteur de bleuets) et mon # de téléphone si jamais ils venaient au Lac St-Jean avec leur VR.

Ce matin quand je suis partie, il m'a dit: " Je demande à Jésus Christ de te protéger"... ah, lui j'avais pas pensé de lui d'mander... un de plus à me protéger, j'ACCEPTE. 

... le plus beau de ma journée fut lorsqu'en prenant ma marche matinale, j'ai vu des arbres à lilas et j'en ai cueilli (en demandant la permission à la propriétaire, in english). 

Faut qu'tu saches que pour moi, la période des lilas fait partie de ma religion... je l'attends pendant 50 semaines. Et j'en finis pu d'en mettre partout dans mes lieux. Sauf que cette année, lorsque je suis partie du Québec, la saison du lilas n'était pas encore commencée et en allant vers le sud, elle était terminée! Je m'étais donc résignée à ne pas vivre de saison des lilas en 2026. Mais là je suis remontée vers le Nord et j'y ai droit: quel beau cadeau!

Rouler, manger, visiter des bords de l'eau, faire des randos, méditer, contempler, m'observer, travailler, écrire, garder l'contact avec les miens, créer mes rituels... j'pense que j'prends mon beat?

Même si je pensais que ça m'rendrait à l'épreuve des baisses de moral, j'me suis trompée!

En me stationnant pour la nuit à Thunder Bay, j'ai eu un coup d'cafard monumental... je l'ai senti venir tout au long de la route et j'ai failli aller l'étourdir en entrant dans un Wal Mart section pharmacie... mais j'me suis ramenée!

J'ai pris les 4-5 aliments que j'avais besoin et go à maison!  

J'me suis dirigée su'l'bord de la rivière "j'sais pas son nom" et j'me suis couchée sur le quai en étoile... j'ai questionné mon cafard, j'lui ai dit que j'avais pas besoin de lui... que je savais que ça me stressait de changer d'province même si j'ai hâte... mais t'sé j'm'accroche "au connu" du mieux que j'peux! Sauf que là, j'dois laisser aller ce que l'Ontario a été pour moi durant les 19 derniers jours.

Et là mon cafard m'a répondu: "T'es dans l'champ Cathy, ça va plus loin, qu'ça!" 

J'pense que je dois aussi décrocher de ce que j'ai laissé au Québec... Pas oublier les miens, mais décrocher de la Cathy d'il y a 19 jours. Celle qui est toujours de bonne humeur, celle qui ne demande jamais d'aide, celle qui s'arrange toute seule, celle qui anime une gang et s'occupe des esseulés sans se demander si ça lui tente d'en faire autant, celle qui cache sa vulnérabilité, celle qui s'empêche d'aller au fond des choses pour ne pas rendre les autres inconfortables, celle qui s'arrête de poser des questions parce que ça "tanne" les gens, celle qui n'ose pas toujours s'indigner à la  hauteur de ses valeurs devant la méchanceté et l'incompétence et surtout celle qui ne priorise jamais ses besoins et ses envies pour laisser toute la place à ceux des autres. Je vais toujours rester la même Cathy, mon essence restera toujours la même, mais dorénavant j'ai envie de ne plus culpabiliser en pensant que je peux rendre les autres mal à l'aise en disant non, en faisant une demande, en posant une question ou en tenant des propos intenses. Je dois réellement décrocher de ce que je serai, à mon retour, pour mon fils, pour ma petite-fille, pour mon amoureux, pour mes parents, pour mes soeurs, pour mes ami(es), pour mes clientes, etc. Je dois faire confiance que toutes ces personnes sauront voir que je suis toujours la même, mais en plus mieux!!!

Parenthèse: les gens stationnés à côté de moi ont installé des nouilles en mousse tout autour de leur petite extension de fifthwheel, pour ne pas se cogner dessus quand elle est sortie... Pensant à toutes les fois où j'me suis pétée l'front sur le top de ma capucine au-dessus de mes sièges à l'avant du camion, je devrais envisager cette solution!

J'ai un scoop pour toi: Je sors de l'Ontario dans 3 dodos!  Il me reste environ 600 km à faire, mais j'ai pas envie de m'user en faisant des journées trop longues de route. Même si c'est pas mon fort de camper/décamper... j'préfère rouler à chaque jour, moins longtemps pour le moment!

Pensée l'fun: Pour souper, j'me suis fait un tartare de boeuf et il était EXCELLENT! 

Ça a fait beaucoup d'bien à mon moral.

Je ferme toutes les parenthèses... et pour le reste: On verra!

Apprentissage #21: Renoncer à nos mécanismes de défense, ce n'est pas "changer" qui on est profondément... c'est juste se donner accès à qui on est réellement!


Mardi 23 juin

Aujourd'hui... je n'ai pas envie d'écrire! 

Je te reviens demain... peut-être?


Mercredi matin... j'feel mieux pour te raconter ma journée d'hier.

... et j'ai finalement "pondu" un texte pour expliquer pourquoi je ne feelais pas et j'l'ai publié sur la page de Planète Femmes: https://www.facebook.com/profile.php?id=61572453818727

Donc j'suis partie de Thunder Bay vers Dryden... il ne me reste plus beaucoup de km à faire avant d'arriver au Manitoba et je sens que je change... que je ne fais plus les choses de la même façon.

Je sens aussi une fatigue, pas que les journées m'épuisent, mais les dernières semaines ont été challengeantes et là j'ai l'impression que la pression tombe. 

Je pense bien prendre que je vais prendre la décision de me poser quelques jours dans un bel endroit au Manitoba.

Ce matin j'ai travaillé avec une collaboratrice pour mettre en place l'écosystème numérique de la structure que je suis en train de créer pour Planète Femmes. 

J'te le dis toute suite: Ce sera big et révolutionnaire pour la sécurité financière des femmes. J'y travaille avec des partenaires, des collaboratrices et surtout avec les 6 Bâtisseuses qui sont entrées dans le Parcours - Les Bâtisseuses en début d'été... Je capote, c'est vraiment LE projet de ma vie!  

Bein en fait, LE projet de ma vie, ça été mon fils. Je l'aime tellement et je suis si fière de lui! 

Ensuite, j'ai roulé tout l'après-midi pour me retrouver dans l'fin fond d'un rang à côté d'une tour cellulaire pour dormir pour la nuit... Tu penses que c'est dsangereux de dormir à côté d'une tour cellulaire. 

En arrivant sur ce terrain privé qui est prêté gratuitement aux campeurs et où je me sens en sécurité sauf pour l'incertitude de la tour cellulaire... j'ai vraiment hâte de découvrir ce qu'une autre collaboratrice m'a envoyé pour offre que nous lançons la semaine prochaine pour les femmes solopreneures. 

Ça me remplie de joie de travailler avec des femmes si extraordinaires pour contribuer au bien-être des femmes.

Bon... voilà, je m'apprête à quitter l'un des endroits les plus plattes que j'ai eu pour dormir et en plus c'était aussi un paradis du mouskito.

Apprentissage #22: J'ai l'droit de prendre du recul et de déroger de ce que je fais "à l'habitude".


Mercredi 24 juin

Ce matin j'ai fafouiné... J'ai pris le temps d'écrire et j'adore ça!  

J'ai failli ouvrir l'extension pour m'entraîner... pis bof, ça m'tentait pas du tout!  J'suis pas allée marcher hier, pis j'culpabilise... 

Tant pis... j'pense pas que ma santé physique va dépérir si je passe 2 jours sans exercice?  

Tu vois, avec ça aussi j'me mets beaucoup d'pression. J'ai slaqué sur l'intensité des entraînements, mais j'suis tout autant rigide sur ce que je me demande de faire pour rester disciplinée. 

T'sé qu'y'a une époque de ma vie où j'ai fait des spartan race, du crossfit, des courses chronométrées (dont un 1/2 marathon), le tour du Lac en vélo en 1 jour... moi j'fais rien à moitié. 

Quand j'ai eu 47 ans j'me suis dit: "c't'assez girl, essaie donc d'être plus douce avec ton corps"  

J'ai réduit l'intensité de mes entraînements... mais je n'ai jamais désactivé le piton: exigence! 

Yoga, pilates, musculation, marche/rando, ski d'fond, raquettes... peu importe ce que je fais en plus doux, j'exige de moi de faire bouger mon corps à tous les jours. 

J'aimerais garder cette discipline parce que je veux continuer de prendre soin de mon corps pour qu'il me permette de continuer de faire tout ce que je veux jusqu'à mes 106 ans (parce que oui... j'vais vivre jusqu'à 106 ans). Mais j'aimerais surtout apprendre à ne pas culpabiliser si je saute 1 journée ou 2... j'aimerais mettre un peu plus de douceur dans cette partie de ma vie aussi. J'vais y'arriver c'est sûr!

Aujourd'hui j'ai fait seulement 180 km, pour me rendre à Kenora. Je suis à 210 km de Winnipeg. 

Cré-moé - Cré-moé pas...  demain je serai au Manitoba!!! 

Pour la 1ère fois depuis mon départ le 2 juin, j'ai fait une journée en suivant le flow... je ne me suis pas questionnée à l'avance où j'irai rendue à Kenora... je ne me suis pas cassé la tête pour me stationner... ni casser la tête pour pouvoir me trouver un endroit zen près de l'eau... j'étais full relaxe de jaser avec les gens en anglais, même si parfois je dois répéter plusieurs fois, le même mot. 

Donc aujourd'hui j'ai fait du lavage... j'avais prévu 2-3 brassées, mais à 10$ la brassée de lavage et 10$ pour le séchage, j'me suis concentrée sur 1 seule brassée: mes draps. 

Faut qu'tu saches que moi mes draps, c'est sacré... j'le lave (j'devrais dire lavais) à tous les 3-4 jours ou gros max 1 semaine... je change mes taies d'oreillers aux 2 jours... j'adore ça quand ça sent frais!  

Pis sais-tu quoi? Depuis que j'suis partie, j'trouve pas ça si pire... en fait, j'angoisse pas avec ça pantoute! 

Crains pas pour mes draps, j'me couche propre à TOUS les soirs, pourquoi penses-tu que je voulais un VR avec une douche!!! Peu importe où je suis j'me lave avant de me coucher.

Après j'me suis arrêtée dans un stationnement su'l'bord de l'eau (t'es tu surpris.e?) et je me suis installée pour dîner/souper et pour travailler.

Pis finalement en grande première ce soir... même si j'avais dit: JAMAIS! Bein j'suis stationnée dans un parking chez Wal Mart entourée par d'autres VR, dont 1 qui a un chien qui jappe sans arrêt! J'sais pas comment ses maîtres font pour l'endurer... 

Bizarrement aujourd'hui, j'ai justement pensé à Lotus... J'me demande comment ça se serait passé avec lui durant le voyage? Il me manque.

Bon bien... j'vais aller essayer mes draps propres!

Apprentissage #23: Ça prend 21 jours pour créer une habitude... j'en ai la preuve aujourd'hui après 22 jours!


Jeudi 25 juin

Cré-moé, cré-moé pas... j'suis sortie de l'Ontario!

J'ai fait mon entrée au Manitoba, sans comité d'accueil, juste un peu avant l'dîner.

En bonne romantique j'avais cultivé l'idée d'un moment de grâce, en arrivant dans cette nouvelle province. J'imaginais de m'arrêter devant la pancarte: Welcome to Manitoba pour immortaliser ce moment, j'avais même préparé mon cellulaire en mode vidéo pour filmer si jamais il n'y avait pas d'endroit pour me stationner près de la pancarte.... mais rien, niet, nada!!! AUCUNE affiche.

Coudonc, sont pas contents qu'on arrive chez eux, les Manitobains?  Bein moi je l'étais... 

Sauf que j'ai rapidement décidée d'me laissée porter et j'ai ressenti une bizarre de sensation en passant devant ce que j'pense être la frontière entre les 2 provinces... et en l'espace de quelques secondes j'ai vécu d'quoi. Comme si tout était plus chaleureux, plus orangé, plus ensoleillé... Comme si le bienvenue du Manitoba ne se faisait pas avec une affiche, mais avec des ressentis. J'ai SENTI le: Welcome to Manitoba.

En fait, je sens une différence entre l'Ontario et le Manitoba. J'peux pas te dire c'est quoi encore, mais c'est comme plus smooth, plus clair, plus doux.

En arrivant à Falcon Lake, je me suis stationnée au "centre-ville" dans le parking du "centre commercial" du village... je mets des guillemets, parce que sur google on nomme les choses ainsi, mais ce n'était pas l'idée que je me faisais d'un centre-ville ni d'un centre commercial, mais ça me plaît énormément. 

2 grosses bâtisses en bois rond brun habitent un pub et une épicerie... et juste à côté de l'épicerie un espèce de marché avec des petits commerces toujours abrités par des bâtiments en bois rond brun. C'est splendide. Moi j'aime pas les villes, les cités, l'urbanisé, le goudron, les grattes ciel, les odeurs dégueulasses... je ne m'y sent pas bien! 

J'aime quand il y a des arbres, des petites rues charmantes, des gens qui disent bonjour ou hello, des sourires, des odeurs de la nature et ici... je suis aux anges!

J'ai abouti à Falcon Lake avec l'intention de passer la journée ici et dormir à 25 minutes entre ici et Winnipeg chez un particulier... sauf que j'ai jamais trouvé la maison, fait que j'suis revenue ici, en jupiter! Et je me suis pris un terrain de camping pour 3 nuits.

J'ai besoin de repos et c'est ici qu'ça va s'passer!

Ça me fait un bien énorme de m'installer pour une permanence de 3 jours... plugguer mon fil sur le 30 ampères et le tuyau d'eau direct dans l'poteau me donne des frissons! J'étais tellement énervée que j'ai pensé ouvrir mon extension seulement 3hrs plus tard.

P't'être que dans l'fond j'suis pas si nomade que ça?  

J'avais sous-estimé l'effet que ça me faisait de m'installer à quelque part. Comme j'ai déménagé très souvent depuis la fin de mes études: 16 fois pour être précise, je me pensais apte au nomadisme... mais en fait, j'ai pas de problème à changer d'place, mais j'ai besoin de ma bulle, de mon p'tit confort, de l'endroit où je me retrouve. 

Là c'est ok... j'ai mon VR et je trouve ça vraiment trippant de me déplacer comme ça avec ma maison à 6 roues, mais j'ai encore bein plus de fun, quand je sais que je peux rester 2-3 nuits à quelque part. 

Une chose qui me surprend de moi, c'est que je demande des campings pas intime, où je peux voir les gens... J'ai toujours couru après le plus d'intimité possible, mais là j'sais pas, j'ai besoin que ça bouge autour de moi, de sentir de la vie!  

J'vois les gens autour de moi être en couple... se faire un feu... et avoir la face collée sur leur cellulaire! J'peux tu te dire que moi si mon amoureux était ici, on aurait pas la face collée sur notre cell. J'comprends pas ça moi, qu'à 2 on n'est pas envie de s'offrir une présence consciente. Loin de moi l'idée des les juger, mais tant pis, j'les juge!

C'est ce que je m'offre depuis 24 jours, cette présence consciente à moi-même et je commence enfin à réduire mon anxiété et à réguler mon système nerveux. Je me suis aperçue la dernière année, que j'ai toujours une sensation de stress, même quand y'a rien de stressant autour de moi... et j'ai pris conscience que mon corps fonctionnait ainsi depuis tellement d'année que même si je ralentis le rythme et réduis les éléments stressants, mon système est programmé comme ça. 

J'avais donc décidé que durant mon voyage, je "travaillerais" sur ça: réguler mon système nerveux. C'pas drôle, j'étais couchée sur le quai ce midi, le soleil dan'face... rien ni personne n'attendait quoi que ce soit de moi et après 15 minutes de zénitude où j'ai presque réussi à ne penser à rien, mon coeur s'est mis à battre plus vite et je me suis sentie comme si je devais aller chercher mon enfant à la garderie et que j'étais pognée dans l'trafic. Sans aucune raison... et je l'ai remarqué souvent les derniers jours. On dirait que j'ai un "gap" de 15 minutes puis mon système nerveux se réactive dans l'tapis! 

J'ai une tonne de trucs pour me ramener dans la zénitude et c'est ce sur quoi je vais mettre toute mon attention dans les prochains jours!  Si j'veux vivre jusqu'à 106 ans, va falloir que je me calme les nerfs!

C'est assez particulier de voir que même si je n'ai aucune obligation, aucune personne qui attend après moi, aucun rendez-vous... et bien mon système nerveux s'active sans aucune raison. Comme quoi on réussit à se programmer solide pour survivre à la productivité excessive de toujours avoir quelque chose à faire.

Veux-tu bein m'dire à quoi ça sert la vie si on fait juste s'assurer de vider nos checklists?

Veux-tu bein m'dire pourquoi on a de la difficulté à trouver notre valeur ailleurs que dans le FAIRE? 

Veux-tu bein m'dire après quoi on court?

En tout cas moi... j'me bas en titi contre ça... cette foutue obsession de la performance et de l'hyperproductivité... et je pense que je vais presqu'y arriver avec ce voyage.

Apprentissage #24: La valeur d'un humain n'est pas proportionnelle à ses accomplissements. 

 

Vendredi 26 juin

Quel bonheur de me réveiller sans avoir à penser à combien de km j'ai à faire et où je vais dormir.

Juste vivre... juste respecter mon rythme... et surtout poursuivre tout le travail d'intégration que j'ai commencé depuis le début de mon voyage, pour aller à ma rencontre!

J'ai vraiment rien fait de palpitant aujourd'hui: fafouiner, manger, marcher sur la plage, écrire, lire...

Heille c'pas vrai, j'ai commencé mon défi de Hula Hoop. 

J'me suis acheté ça avant de partir... t'sé un "cerceau" comme quand on était petite. J'me suis dit que ça servirait à 2 choses: délier mes hanches et jouer!

Fait que j'suis allée voir des tutoriels pour avoir la bonne méthode pis j'en ai appris beaucoup sur le Hula Hoop, entre autre que c'était une discipline de plus en plus populaire et que tu pouvais même upgrader ton entraînement en achetant un cerceau lesté (oui, tsé avec des poids dedans).

J'peux pas croire que je joue à ce jeu depuis que je suis toute petite et qu'on ne m'avait jamais appris la bonne méthode, j'pouvais bein pas être bonne. Mais là, j'la sais... pis j'suis pas bonne quand même!

Tant pis, je me suis donnée le défi, qu'à mon retour au Québec, je serais en mesure de tenir un minimum de 1 minute sans que le cerceau tombe... ouf, c'est pas pour demain!

J'aime bien me lancer des défis... d'ailleurs ce voyage-là en est un gigantesque... et pour être honnête avec toi, en ce moment, j'suis épuisée!

Pis j'me connais: quand j'suis fatiguée j'remets tout en question... et c'est exactement ce qui se passe ce soir! Depuis la fin de l'après-midi, j'arrête pas de me dire que vu que là ça va bien, j'pourrais rentrer à la maison.

On dirait que tout ça manque de sens... Le dernier mois avait le sens de l'accomplissement et j'en ai fait beaucoup: opérer le VR, conduire le VR, aller vers des lieux inconnus, réguler mon système nerveux malgré l'incertitude constante, parler en anglais. Mais là, vu que j'ai réussi à faire tout ça, on dirait que ça ne me tente plus... Est-ce que c'est parce que j'ai la chienne de faire la route des Rocheuses, alors que 2 de mes objectifs sont de faire une rando dans les Rocheuses et de voir le Lac Louise? Est-ce que c'est parce que je ne ressent pas l'envie d'aller vers les autres, alors que je me suis dit que l'un de mes objectifs étaient de rencontrer de nouvelles personnes?

Et si je ne réponds pas à ces objectifs, aurais-je des regrets?

Aucun regret si je ne fais pas de nouvelles rencontres.

Aucun regret si je ne fais pas de rando dans les Rocheuses.

Oui j'aurais de très grands regrets si je ne vois pas le Lac Louise... alors je continue!

Y'é pas question que je revienne avec des regrets.

Par contre, plusieurs choses se transforment pour moi actuellement... 

Le fait d'avoir beaucoup de temps avec moi-même me fait prendre conscience de TOUT ce que je veux vraiment pour la suite de ma vie. 

Pour ma relation avec ma petite-fille, avec mon fils, avec ma filleule, avec les miens... et aussi avec mon Amoureux.

Pour mes habitudes de vie, pour mon positionnement professionnel, pour ma contribution dans le collectif, pour la mise en place de TOUS les projets que je mets de côté en me disant: "un m'ment donné, faudrait bien que j'le fasse... "

J'ai envie de prendre plus de risques.

J'ai envie de m'autoriser à faire les mauvais choix.

J'ai envie de "jouer" davantage.

J'ai envie de rire fort à tous les jours.

J'ai envie de partager, de contribuer, de pratiquer le "vivre ensemble", le plus souvent possible.

J'ai envie que ma vie soit remplie de nouvelles opportunités pour que je n'ai jamais à me dire: "J'aurais dont dû"!

Apprentissage #25: J'ai envie de beau et de grandiose pour la 2e moitié du reste de ma vie (bein oui, j'vais vivre jusqu'à 106 ans). Il n'est plus question que je me trouve 106 mille raisons pour repousser ce que JE VEUX, vraiment!


Samedi 27 juin

T'sé quand tu t'réveilles avec la sensation de ne pas avoir dormi.

T'sé quand tu sens que tes batteries n'ont pas été rechargées.

T'sé quand tu sais que ça va te reprendre plus que 48 heures pour te remettre su'l'piton.

Bein c'est exactement comment j'me suis sentie à mon réveil.

Quand j'suis arrivée ici pour 3 jours, je sentais qu'il était temps de faire une pause... en me reprenant ma routine de début de journée et en improvisant pour le reste, tout en me nourrissant bien, en faisant des siestes et en décrochant le plus possible du: "y faut que". 

Mais depuis 2 matins, ça marche pas... j'ai sous-estimé la décharge de ma batterie, en fait j'ai même pu la motivation nécessaire pour faire ce que je sais qui me fait du bien! 

Pis là, j'culpabilise... 

Pis là, j'me tape sur la tête...

Pis là, j'me trouve paresseuse...

Woooooooooooooo, ça va faire l'autosabotage!

J'capote à quel point on peut parfois être dure avec soi. Tout c'que j'me dis dans ma tête, j'le dirais même pas à quelqu'un que j'aime pas!

J'ai donc repris l'dessus de ce qui avait commencé comme une journée d'marde... à me dire de la marde et à me traiter comme d'la marde... et j'me suis dit: "De quoi as-tu envie aujourd'hui, ma belle Cathy?"

#1 N'avoir aucune liste de "Y faut que"

#2 Rallonger mon séjour ici, de 2 jours

#3 Me faire des crêpes

#4 Aller m'acheter des chips pour c't'après-midi

#5 Suivre mon flow

Fait que j'ai checké toute ma liste... et j'y ai même ajouté une sieste!

J'ai même pratiqué mon plaisir coupable... (bein non, pas ce plaisir-là, un autre!) 

Un de mes grands plaisirs dans la vie c'est de regarder silencieusement les inconnus autour de moi et d'essayer de deviner leur vie. Pis depuis hier, y'é arrivé plein de nouveau monde autour de moi, fait que j'peux m'amuser en masse. 

Ce plaisir-là, j'le fais partout quand je suis seule ou dans ma bulle... Au resto, dans une file à l'épicerie, en voyage: PARTOUT, tout l'temps.

Le terreau est fertile pour satisfaire mon plaisir coupable... surtout lorsque le terrain de biais avec le mien, qui était vide depuis hier, s'est fait élire domicile par une giga roulotte avec à son intérieur une p'tite famille dont le papa m'a tombé sur les nerfs avant même que j'lui voit la bette. En fait, il a fait débarquer sa femme du pickup pour qu'elle le guide à se stationner... mais y criait si fort après elle, que j'ai failli aller reculer sa roulotte à sa place... Le pire c'est quand elle a sorti son niveau de 3 pieds pour l'accoter sur la roulotte parce qu'il lui demandait de vérifier tout l'tour de la roulotte si tout était au niveau. Alors là j'ai compris qu'on avait affaire à un homme réellement control freak et que j'avais réellement raison: il me tombe sur les nerfs. Un coup la roulotte stationnée, je n'avais pas fini de constater à quel point il était intense. Il a sorti tellement de blocs de bois et de 2x4 pour mettre sa roulotte droite, qu'il m'est venu à l'idée d'aller lui proposer de s'faire couler une dalle de béton. Pis là il a sorti le gazebo, qu'il a monté avec son ado en chialant après elle... et là il s'est mis à mouiller, pis là il s'est mis à bourrasser sa femme et son ado. Sa mauvaise humeur a sauté sur mon terrain et j'suis dev'nue tellement en cr**** que j'ai décidé de rentrer dans mon VR pour aller faire une sieste! 

T'sé j'suis d'même moi quand j'vois du monde jamais content qui bourrasse tout l'monde, j'viens en cr****. J'sais bein que c'est pas d'mes affaires et que je devrais pas réagir de même, mais c'est comme ça. 

Après ma sieste, j'ai vu le "pas fin" assis dehors au feu, avec son chien sur ses genoux, son cell dans les mains, la porte de la roulotte fermée et plus aucune trace de sa femme et son ado, elles avaient sûrement décidé de le laisser seul pour avoir la paix. Tu comprendras qu'eux, j'ai pas eu beaucoup d'plaisir à deviner leur vie, mais j'ai pas pu m'empêcher de les analyser.

Changement d'sujet... J'ai une bonne nouvelle: j'ai zéro réfléchi au reste de mon voyage... pas de stress pour la route dans les Rocheuses, pas de stress pour les endroits où je veux m'arrêter, pas de stress pour faire changer l'huile du VR... pas de stress pour rien! 

On verra!

Apprentissage #26: J'me trouve si chanceuse d'avoir le courage de créer ma vie à ma façon et d'avoir la liberté de choisir qui en fait partie.






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