Journal de bord - Se déposer pour mieux se positionner

Semaine du 17 au 22 août

Le retour est plus doux que je l'avais appréhendé, même si rien n'est simple. 

Comment puis-je m'être autant ennuyée des miens et avoir si peu envie de les revoir.

J'y vais au compte-gouttes.

Une personne à la fois.

Parce que j'vais t'le dire: j'ai la chienne... comment j'vais faire pour me présenter telle que je suis et être assurée que les gens vont continuer de m'aimer.

Je n'ai pas "changé", puisque j'suis encore moi! Sauf que les derniers mois, j'ai eu accès à la vraie moi et j'ai bein aimé ça!.

J'veux pu revenir en arrière et offrir la Cathy hyperproductive, hyperjoyeuse, hyperdisponible, hyperadaptative, hypertouttttttttttttttte.

En fait, je me rends compte que c'est pas les gens qui s'éloignent... c'est moi qui renonce à certains comportements que je ne veux plus dans ma vie et donc ça me fait risquer de perdre des gens.

Pis moi, être abandonnée... ça m'angoisse!  

Et ce processus a commencé depuis mon voyage en Espagne en octobre 2025, pour s'amplifier avec le décès de Lotus en novembre 2025, puis il s'est cristallisé pendant mon roadtripdream.

J'ai la chienne, parce qu'à date ça me coûte cher ce renoncement: une relation amoureuse, des amitiés, de longue date, des collaborations professionnelles, des relations familiales... bref, c'pas facile du tout.

Alors je trouve refuge dans mes valeurs sûres.

Et cette semaine j'ai trouvé ce doux refuge chez mon Fistounet, ma fabuleuse Margot 1ère et ma belle Belle-Fille: mon trio d'Humains Prefs.

Les premiers jours ont été déstabilisants puisque j'ai eu tendance à rejouer le rôle de la mère qui a tellement peur d'être gossante, qu'elle devient gossante. J'en fais trop... j'me suis vue aller et j'me suis demandée, pourquoi j'fais ça? 

Ouf, c'tait pas cool comme réponse: J'ai peur que mon fils arrête de me parler, j'ai peur de le perdre.

Mais elle vient d'où cette peur-là?  On dirait que c'n'est pas la mienne?

Et effectivement... ce n'est pas la mienne. C'est celle dans laquelle j'ai évolué toute ma vie... Celle où des enfants (devenus adultes) se chicanent avec leur parents et arrêtent de leur parler et de les voir.

Moi avec mon fils, ça n'est JAMAIS arrivé... et cette peur ne m'appartient pas! J'dis pas que ça peut pas arriver... mais j'ai pas besoin de cette peur!

Après cette constatation, je me calme et je fais confiance à notre relation... pour être réellement moi-même avec confiance, en prenant le risque de déplaire. Et si ça arrive, on règlera ça. Et si ça se règle pas, on finira bien par régler ça quand même!

Et puis tout est moins épeurant quand on vit en se disant qu'on ne perd rien, mais qu'on renonce.

Je préfère dire que je renonce de me taire pour plaire!

Et non me dire: "Si je le.la contrarie, je risque de le.la perdre".

Je renonce de vivre dans un environnement qui ne me correspond pas.

Et non me dire: "Si je dis que je n'aime pas ça, je risque de le.la perdre".

Je renonce à ne pas être soutenue émotivement.

Et non me dire: "Si je nomme comment je me sens, je risque de le.la rendre mal à l'aise".

Pis toi, réponds-moi franchement: si quelqu'un que tu aimes pour VRAI, nomme une chose qui te déplait, te mentionne que l'environnement dans lequel vous êtes le rend inconfortable, qu'il a une surcharge émotive et la laisse sortir...

Est-ce que tu vas le laisser tomber?

Alors pourquoi a-t-on toujours peur que c'est ce qui se passera avec les gens qu'on aime?

Et pis, si c'est ce qui arrive, pleure un coup et ne te questionne pas trop longtemps, sur l'amour que te portaient ces gens.

Ça fait qu'après une splendide semaine à faire le plein d'amour auprès de mon Fistounet, ma belle Belle-Fille et ma fabuleuse Margot 1ère... j'ai quitté leur sécurisante cour.

J'en ai braillé une shot en partant, parce que je les aime profondément et que moi les départs, j'haïs ça et aussi, parce que je ne sais pas trop ce que je vais vivre dans les prochaines semaines. 

J'ai décidé de prendre le bord de la Côte-Nord. 

J'ai aussi besoin de trouver des réponses à mes questions pour la suite de ma vie... et ce genre de réponse, ça ne se trouve pas en parlant aux autres ou dans les livres. 

Ça se trouve à l'intérieur de moi et pour bien les entendre, je dois être seule et m'observer. 

Et je sais que, ce qui arrivera ne sera qu'une suite de décisions.

Parce que jusqu'à maintenant ce que je vis avec bonheur, c'est le résultat d'une série de décisions. 

Rien n'est parfait, mais tout goûte bon, parce que j'ai choisi, j'ai décidé, je me suis mise en action... et j'observe comment je me sens dans ce processus.

Et si une décision ne me convient plus, je reprends le processus: je choisis, je décide et je me mets en action.

Et depuis mon retour... même si je m'étais promis d'être "observatrice" de ce qui s'offrait à moi, j'ai pris quand même plusieurs décisions:

#1 - Mettre fin à ma relation des 6 derniers mois.

#2 - Changer d'angle business pour adoucir l'étape: acquisition-client, cet automne.

#3 - Demander de l'aide pour créer le Collectif des Bâtisseuses.

#4 - M'établir à St-Prime en novembre pour supporter mon Fistounet et ma belle Belle-Fille et pour nourrir ma relation avec Margot 1ère.

#5 - Rester au Québec pour la suite de mon roadtripdream.

#6 - et pour le reste... j'peux pas en parler tout de suite.

Apprentissage #65: Renoncer, ce n'est pas perdre... c'est plutôt choisir que quelque chose (ou quelqu'un) ne nous convient plus.



Dimanche 23 août

Ahhhhh Val-Jalbert, quel bonheur d'être venue me déposer ici: "en terre connue".

J'ai réellement l'impression d'être le plus près de ce que je pourrais appeler: La maison.

Présentement ce que j'ai le plus besoin c'est de reprendre une routine et mettre de la structure dans ma vie. Apprivoiser la vie de nomade tout en étant dans les routines qui me font le plus de bien. 

Et surtout utiliser les bienfaits de la vie de nomade en mettant de l'ordre dans mes structures de vie et de ma business. 

Je l'ai fait sensiblement bien, durant mon périple dans l'Ouest, même si j'étais un peu plus lousse... mais le dernier mois j'ai vraiment délaissé ce qui me fait du bien: bien dormir, avoir une saine alimentation, faire de l'exercice quotidiennement, prendre soin de ma business et prendre soin de mes relations.

Hier en arrivant ici, j'ai marché avec entrain dans ce qui fut mon terrain de jeu pendant les 4 dernières années où mon ptit chez moi était "à côté" de Val-Jalbert.

Ce doux sentiment d'être dans le connu, me fait du bien... mais en même temps ce connu ce n'est pas ce que je veux pour le long terme.

Donc je profite de cette douceur et je savoure.

En fait, j'essaie de savourer... car qui dit camping, dit voisin très proche... surtout ici!

Comme la rentrée est à nos portes, y'a pu beaucoup de p'tites familles dans les campings et les retraités ou les vacanciers tardifs sont les principaux occupants.

Et comme je suis très fouineuse de la vie des gens, j'analyse tous ces couples de retraités qui n'ont sûrement pas plus de 5 à 10 ans de plus que moi et je me sens si loiiinnn de leur réalité.

Entre X et Denise... je n'ai jamais entendu son prénom alors je l'appelle: X. Alors, X et Denise ne conversent pas beaucoup... mais à chaque fois que Denise fini par pogner les nerfs après lui et lui lance: "tu m'écoutes pas quand j'te parle!" ... il lui répond machinalement: "oui, oui Denise, je t'écoute et je t'entends." 

D'ailleurs je les suspecte d'avoir eu une formation sur la communication non violente.

Si tu veux mon avis, me faire dire: "Oui, oui Cathy, je t'écoute et je t'entends" les yeux rivés sur un cell et sans aucun mouvement chaleureux... ça me déprimerait et me ferait douter de la sincérité de l'autre.

Bref X et Denise ne sont pas le genre de couple dont j'ai envie de faire partie.

Donc je me mets à chercher du regard en déplaçant ma chaise vers d'autres terrains, un "genre" de couple qui me permettra de "rêver" à mon avenir à 2.

Parce que oui, j'adore la vie à 2... le couple pour moi c'est sacré, voilà pourquoi, j'ai donné beaucoup de chance les dernières années et que je n'ai pas perdu espoir de trouver: l'Amoureux du reste de ma vie. 

Et puis, viens pas m'dire: "Cathy t'es trop difficile". Parce que si toi t'es prête à baisser tes standards pour la relation du reste de ta vie, bein pas moi!

Je la veux aimante, saine, passionnée, joyeuse, équitable, intelligente, nourrissante, profonde, drôle, belle, douce, stimulante, supportante, je veux TOUTTTT!!! Et si tu m'dis: "Cathy, on peut pas tout avoir dans la vie!" 

J'te répondrai: "T'as l'droit de pas tout vouloir, moi j'veux TOUTTTT"

Et j'ai pris un pacte avec moi-même le 29 juin (j'ai écrit un texte à ce sujet): c'est toutttt ou pantoute! 

Apprentissage #66: Avoir des standards élevés dans nos relations, ce n'est pas être prétentieuse, c'est choisir ce qu'il y a de mieux pour soi, pour notre évolution, pour notre bonheur.


Lundi 24 août

Après ma rando matinale, je l'ai trouvé CE couple... à 2 roulottes de la mienne.

Ils sont beaux, amoureux et complices.

Ils ne se sont presque pas parlés, mais ils s'écoutent... leurs yeux communiquent.

Ils s'aiment, se respectent et ont du fun ensemble.

Il prépare le déjeuner pour elle, à l'extérieur.

Elle apporte le stock qu'il lui demande.

Il lui demande comment elle veut ses oeufs, il lui prépare en rigolant.

J'entends pas tout, parce que X crie très fort à Denise: "Oui Oui Denise, je t'écoute et je t'entends". 

Et il m'empêche d'entendre le beau couple.

Sauf que j'ai pas besoin d'entendre ce qu'ils se disent.. je sens qu'ils sont un beau couple.

C'est ce que je veux. Un couple comme ça!

Je ramasse donc le setup de ma maison sur 6 roues pour me déplacer vers mon rendez-vous à St-Félix-d'Otis et ensuite continuer vers la Côte Nord.

Je décide de traverser tout de suite de Baie-Ste-Catherine, vers Tadoussac

Et j'ai pris le Traversier... le 2e depuis que je conduis mon VR.

Ça m'insécurise un peu... mais comme j'ai envie d'aller à Terre-Neuve et aux Îles-de-la-Madeleine (probablement l'été prochain), j'aurai pas trop l'choix.

L'autre jour, j'ai vu une vidéo de la traverse pour Terre-Neuve et quand j'ai vu la fille stationner sa Van en parallèle sur le bateau, j'me suis dit: "no way que j'vais prendre ce traversier".

Et il y a aussi cette vidéo morbide du VR qui manque de break et qui n'arrive pas à atteindre la plate-forme d'embarquement pour finir par s'écraser sur le traversier. 

SVP, ne me montrez plus ce genre de vidéo... 

Donc direction Tadoussac.

Je sais pas trop encore jusqu'où je vais aller.

Ma destination ultime c'était de me rendre aux îles Mingan pour voir les Macareux. Mais Miss Timing ici présente, n'a pas réalisé que les Macareux ce sont des oiseaux et qu'ils finissaient par sacrer leur camp dans l'sud.

Fait que la saison des Macareux est terminée.

J'irai pas me r'virer à l'autre bout de la Côte-Nord sans "nanane" et en plus je déteste faire des routes aller-retour.

Je décide plutôt de faire un bout de ce côté-ci du fleuve et ensuite prendre un traversier qui m'amènera sur l'autre rive.

Apprentissage #67: Changer d'idées ce n'est pas être instable, c'est seulement avoir assez d'amour pour soi afin d'être à l'écoute de ce qui est bon pour nous.


Mardi 25 août

À peine réveillée, je pense au Fleuve qui se trouve à quelques pas de moi.

Moi qui aime bien fafouiner au lit pour réviser ma vie et "placer" ma journée, je me lève pour faire quelques minutes de médiation et de yoga.

Je file vers le belvédère qui offre une vue imprenable sur le fleuve en souhaitant que la chaise Adirondak qui me faisait de l'oeil hier soir, soit disponible pour que je puisse y boire mon café.

YÉÉÉÉ, personne sur MA chaise.

Comme c'est beau le fleuve.

C'est fou comment la nature me fait un bien extraordinaire. 

Le calme.

La vie qui prend forme sagement par la présence de chaque élément qui font juste "être" les uns en interdépendance avec les autres.

Les oiseaux.

L'eau.

La terre.

Le ciel.

Les nuages.

L'air.

Le soleil.

Personne ne prend la place de personne.

Tout le monde a SA place.

Il y a de la place pour TOUT l'monde.

Je prends quelques photos, je discute avec les miens par messenger et j'observe calmement et admirativement cette nature qui me comble de joie.

J'suis tellement pas restée ici longtemps que j'ai même pas pu jouer à mon jeu préféré: Observer la vie des gens.

Ah bien, j'l'ai fait un peu avec les gens qui avaient un VR exactement comme le mien, qu'ils avaient acheté, du même concessionnaire.

Ils avaient gardé la plaque publicitaire du concessionnaire... pas moi! Personne ne peut voir où je l'ai pris. Je suis tellement insatisfaite du service qu'il n'est pas question que je leur fasse de la pub... même négative.

Bref, j'me demande bien qui vit dans ce VR... sont-ils 2 ou 4? Est-ce aussi une femme seule? Est-ce qu'ils sont heureux? Est-ce qu'ils arrivent de loin?

J'ai observé quelques minutes, mais je n'ai pas vu personne. 

Ça m'a fait me demander: les gens disent quoi quand ils me voient arriver seule avec mon VR. Les gens sont de plus en plus habitués de voir des femmes seules conduire leur propre VAN, mais un VR c'est plus rare! Peut-être aussi que l'monde s'en fout?

C'est assez les réflexions qui ne mènent à rien... je "packte mes p'tits" et je roule vers Grandes Bergeronnes dans l'espoir de voir quelques baleines.

Le camping que j'ai choisi annonce l'une des plus magnifiques vues sur le fleuve et la présence de baleines est certaine.

En m'installant je ressens comme un énervement! 

Est-ce parce qu'on est tous collés l'un sur l'autre?

Est-ce parce que le voisin d'à côté fait des allers-retours devant mon terrain en fouinant dans la vitre de mon pare-brise? 

J't'avoue que s'il avait mesuré 6', avait été beau, avait eu les ch'veux frisés, avec un regard intelligent... j'me serais pas trop sentie énervée. Mais comme tu l'auras deviné il était très loin de ces standards.

Est-ce parce que j'ai une rencontre avec ma coach à 14h et que ça ne me tente pas?

Est-ce parce qu'il me manque des certitudes pour ma business et que je commence à être impatiente?

Est-ce parce que j'ai décidé de prendre un break d'entraînement pendant 2 jours et que je me sens coupable?

Probablement que c'est tout ça, en même temps!

Je décide de me diriger vers le bord du fleuve et m'installer sur une roche pour méditer sur mon énervement.

Et finalement, je passe une splendide journée, soirée, nuit.

Apprentissage #68: Les réponses elles sont à l'intérieur de toi. Tu SAIS tout. Même si tu penses ne pas savoir, tu sais! Chercher les réponses à l'extérieur c'est s'étourdir avec des réponses qui ne sont pas durables dans le temps.


Mercredi 26 août

J'suis habituée de me réveiller à 3h30 du matin... et je me rendors!

Ce matin, j'me suis dit que ma place n'était pas dans mon lit. 

L'appel du lever de soleil était trop fort.

J'ai vécu un moment magique.

J'te l'raconterais bein, mais présentement j'ai les 106 enfants (ok j'exagère, mais il y en a au moins 4) des voisins d'à côté qui vivent de grandes frustrations enfantines et qui n'arrêtent pas de chigner et se picosser. Les parents tentent bien de les ramener au bonheur supposé de se trouver en vacances en famille... mais ça marche pas! Ils sont tous à boutttt, pis ça m'énArve. 

J'ai plein d'amour et de compassion pour eux, la rentrée s'en vient, l'été est fini... le stress, l'angoisse! 

Mais j'ai en même temps une envie de leur demander d'être plus doux les uns avec les autres... oups! Y'en a une qui vient de dire: "Vas chier" à sa soeur... les parents sont en cr**

Ça y'est ma zénitude du lever de soleil, vient d'prendre la bord.

Ma prof de Yoga répétait souvent: "C'est facile d'être zen, quand on est seule dans sa caverne"

Donc... je décide de me pratiquer à être zen avec beaucoup trop de monde, de pleurs et de cris dans ma caverne.

Je reviens donc à ce magnifique début de journée... 

L'aube.

L'horizon qui rosit.

L'eau à perte de vue.

Le rose qui se transforme en orange.

Le point lumineux qui annonce que le soleil apparaîtra bientôt.

Les oiseaux de toute sorte: goéland, corneille, canard, grue (j'pense)... j'suis pas bonne en oiseaux.

Le silence des humains que je sens tout autour de moi.

La légèreté d'une douce solitude sur ma roche.

Le voilà... il monte doucement pour faire un sillon orange dans l'eau.

Le sillon monte aussi dans le ciel.

La boule orange apparaît clairement.

Je laisse monter le soleil et je respire toute cette beauté pour en faire un ancrage: "Cathy, tu mérites toute cette beauté".

J'y suis restée une bonne heure et au moment où je décide de retourner à ma maison sur 6 roues, j'entends LE bruit que j'attends depuis hier.

Je me retourne et je les vois... 1 grosse et 2 petites: des baleines, des bélugas, des rorquals (j'pense)... j'suis pas bonne en mammifères marins.

C'que je sais c'est que c'est beau, que ça m'fait sourire et que je suis comblée par mon début de journée.

Ahhhh les enfants se sont calmés... les parents aussi... l'ambiance aussi!

Je quitte donc Grandes Bergeronnes en direction de Forestville.

J'ai décidé de demeurer 2 nuits dans un camping sur le bord d'une plage pour pouvoir travailler, faire de la rando et profiter du bord de l'eau.

La vie est bonne, la vie est douce: j'suis privilégiée!

Apprentissage #69: C'est facile d'être zen, toute seule dans sa caverne.


Jeudi 27 août

Je me suis levée un peu tout croche... sans trop de raison apparente!

Mais on est-tu toujours obligée de savoir POURQUOI, on feel comme on feel.

Je sais que j'ai beaucoup de choses "à faire" pour le boulot et ça me rend joyeuse, sauf que ça manque encore de clarté pour être pleinement efficace.

Je sais que je vais manquer d'eau potable, mais j'ai pas envie de sortir le VR pour aller à l'épicerie.

Je sais que je dois quitter ce camping demain, mais je ne sais pas encore vers où, ni ce que j'ai envie.

Je sais que j'ai pas fait de Pilates, ni de muscu depuis 1 mois et que je "devrais" réintégrer tout ça à ma routine.

Je sais que j'ai pas marché depuis 2 jours pour reposer une cheville qui enfle sans raison apparente.

Elle aussi ne semble pas savoir pourquoi elle feel pas!

Comme je suis en train de laisser mon gEnie prendre le contrôle de son jeu Pref: tout faire pour que je sois rongée par la culpabilité, je décide de stopper tout ça.

Je prends 3 grandes respirations et je me pose la question: de quoi ai-je besoin en ce moment?

Aller méditer sur le bord de la plage.

Je me lève, je m'habille et je pars.

Après 1hre à méditer et à faire du yoga sur la plage où la marée est montante, je me sens si libre.

Je me promets que ma journée sera belle, bonne et douce et qu'à chaque fois que mon gEnie voudra jouer son jeu Pref, je le stopperai.

Toutes les décisions prises durant ma journée, ont été encore mon signe que j'étais vraiment libre.

Début de la parenthèse.

Pas parce que je suis célibataire, sans enfant à charge, sans patron, sans maison, sans auto... Nahhhhhhhhhh pour moi, toutes ces choses ne restreignent pas ma liberté.

Je suis libre parce que je suis exactement ancrée dans la vie qui correspond le plus à qui je suis au moment actuel. 

Je suis libre parce que je suis dans le respect total de mes valeurs et de ce qui est important pour moi.

Je suis libre parce que je suis en cohérence avec moi-même.

Pour l'instant c'est ainsi, je ne sais pas pour combien de temps... mais je m'engage à m'y affairer à tous les jours du reste de ma vie. 

Parce que la liberté... ça goûte bon!

Trop souvent je me suis laissée absorber par les besoins des autres sans nommer les miens. Ce qui fait qu'en plus de ne pas dire ce que j'avais besoin, je les aidais à répondre aux leurs. 

Ce style de vie ça marche, 2-3-4 ans, des fois plus... pis un moment donné, ça pète!

Tu t'sens mal, tu bourrasses, tu t'emportes de plus en plus souvent. 

Tu mets ça sur le compte de la fatigue, de la charge mentale, de la vie qui va trop vite.

Pis dans l'fond, tu l'sais très bien ce que tu dois faire: PRENDRE UNE DÉCISION.

Pis là tu trouves 106 raisons pour pas le faire. 

Des TRÈS bonnes raisons.

Au bout de la ligne, c'que tu te dis c'est: "ouais bein ma belle, t'es pas assez importante pour que tes besoins soient mis de l'avant"

Pis ça, ça "crounche".

J'le sais... j'l'ai joué longtemps c'te game-là! J'ai encore tendance à le faire! Et je le ferai encore peut-être!

Fin de la parenthèse.

Fait que j'suis partie à pied, avec mon sac à dos pour aller faire quelques commissions "en ville"!

C'est pas beau Forestville. 

Mais les gens sont très gentils.

Donc munie de mon sac à dos je décide de refaire le trajet de retour (3.1km) en profitant de l'occasion pour m'acheter de l'eau potable (un 4L, Jupiter!!!)

C'est assez lourd un 4 litres d'eau.

Et puis j'ai décidé de rester ici 2 nuits de plus pour profiter de la plage, du beau temps et de la tranquillité du camping.

Je décide que je mangerai le foie gras de canard pour dîner, au lieu d'attendre LE bon moment.

Je décide que l'écriture fera partie prenante des 3 prochains jours.

Je décide que je prendrai le traversier à Baie-Comeau. Bein... c'pas moi pantoute qui a décidé, puisque le Traversier à Forestville n'existe plus depuis la pandémie.

Et sur ce, je pogne ma chaise, hamac, ma cannette de Montellier aux pêches, mon ordi... et je descends à la plage pour t'écrire.

La marée descend... C'est beau!

Apprentissage #70: On n'a pas toujours le choix de ce qui nous arrive de l'extérieur... mais on a TOUJOURS le choix de comment on va réagir. (J'le sais, c'est cliché, mais c'est tellement vrai)


Vendredi 28 août

En partant sur la Côte-Nord il y a quelques jours, j'avais plusieurs intentions... dont celle de connecter avec des gens qui me stimulent, qui m'élèvent, avec qui la profondeur n'est pas un obstacle. 

Contrairement au début de mon roadtripdream dans l'Ouest Canadien, les gens viennent davantage vers moi... et c'est normal.

Je suis plus ouverte, plus légère et plus confiante.

Mais ce ne sont pas tous des gens intéressants avec qui j'ai envie de nouer des relations.

Je prévois donc aller voir des ami.es bientôt afin de me permettre de nourrir les relations qui me sont chères.

Fait qu'à mon réveil de ma sieste d'après-midi (bein oui j'suis rendue là), mon précieux ami et moi on décide de se donner rendez-vous pour 2 jours ensemble entre la Gaspésie et le Bas St-Laurent.

Mais avant... je finis ma tournée sur la Côte-Nord, l'endroit où j'ai reçu encore plusieurs réponses en prenant le temps de revenir à moi au travers le boulot, la création de mes projets et entretenir des saines habitudes de vie.

En t'écrivant j'espionne mes voisins de gauche.

Un homme et une femme dans la 70aine et qui ne donnent pas du tout envie de vieillir. 

Ils se déplacent avec difficulté, ils fument, ils se déplacent en triporteur (je sais, je juge... mais c'est pour te donner l'image) ils chialent contre le gouvernement et lorsqu'ils se retrouvent seuls tous les 2 (parce qu'ils ont beaucoup de visite), ils se mettent le nez sur leur cell sans s'adresser la parole.

Je regarde ceux d'en face, probablement aussi dans la 70aine, qui sont beaucoup plus inspirants.

Ils marchent à tous les matins (du moins depuis les 4 derniers jours) ensemble presque main dans la main, ils chantent en écoutant de la musique, ils rient, ils se partagent ce qu'ils voient sur leur cell.

Pis ça devient clair pour moi que mes choix de vie je les fais en fonction de ce que je veux pour le reste de ma vie... et il est clair que je suis plus inspirée par mes voisins d'en face pour ma vieillesse que ceux de gauche.

Mais t'sé on vieillit comme on a vécu... alors regarde autour de toi... et même regarde toi et ça te dira quelle sorte de vieille tu seras. 

Moi, mon choix est fait.

Apprentissage #71: Avoir le pouvoir de décider comment on veut vieillir ça ne se prend pas à 70 ans. Ça se prépare maintenant.


Samedi 29 août

J'trouve ça vraiment cool quand c'est l'anniversaire de 2 amies en même temps: 

Bonne Fête Sophie!

Bonne Fête Émilie!

Je quitte en fin pm pour avancer ma route vers notre point de rencontre avec mon précieux ami.

J'me suis gâtée et j'ai exploré pour trouver le chemin afin de marcher sur la longue plage voisine de celle du camping où je suis.

C'est capoté comment j'me sens bien sur le bord de l'eau... mais ça j'pense que t'as commencé à l'comprendre!  Ça me donne une énergie du tonnerre.

D'ailleurs ce matin j'écoutais une vidéo d'une coach que j'aime beaucoup: Astrid Deballon, qui disait que notre GPS était nos sources de joie. 

T'sé quand on se questionne sur quoi faire, quelle décision prendre, quoi choisir... et bien on devrait TOUJOURS se ramener à nos sources de joie. 

J'suis fascinée à quel point trop souvent on fait nos choix en fonction de notre mental et de "ce qui devrait être". 

À mon avis, une vie heureuse c'est une vie où on utilise notre GPS (nos sources de joie) le plus souvent possible ou même mieux: tout le temps. 

Je suis consciente qu'il n'est pas toujours possible d'utiliser nos pleines sources de joie, mais si on essaie de s'y rapprocher le plus possible, la vie devient moins contraignante.

J'vais t'donner un exemple.

J'adore ma business, mon travail auprès des femmes entrepreneures et ce que je me suis créé comme job.

Par contre, les derniers temps j'ai commencé à avoir une lassitude avec la rapidité des changements sur le web et ce que ça demande pour que je sois vue et entendue par des clientes potentielles.

J'ai essayé bien des choses, mais je dois admettre que je ne suis pas du tout une JEDI du marketing web et que je n'ai pas envie d'investir financièrement dans l'aide pour y arriver, ni d'investir en énergie pour apprendre. Du moins, pas pour le moment.

Donc il était temps pour moi de faire des choix sans tout mettre de côté.

J'ai donc décidé de ne rien lancer sur le web à l'automne et de plutôt me ramener sur le terrain et dans mon réseau en allant vers les organisations qui elles offrent de l'aide aux entrepreneures et avec lesquelles je peux faire des partenariats.

Je vais continuer de faire des médias sociaux, mais je ne mettrai plus autant d'énergie que je le faisais avant parce que de toute façon je n'ai pas du tout la bonne technique... ou du moins les résultats que je souhaiterais.

Tu vois, j'ai exploré mes sources de joie et j'ai pris une décision... est-ce que ça donnera les résultats que je souhaite?  

J'sais pas, mais j'serais bein nouille de continuer sur la même voie en souhaitant avoir des résultats différents.

À suivre...

Bon les voisins de gauche chialent encore après le gouvernement... J'les comprends, mais jupiter ce n'est certainement pas en restant assis sur leur balcon qu'ils vont régler le sort de la planète.

D'ailleurs, moi aussi je "chiale" après les systèmes... et même si je ne travaille pas DANS un système/une organisation, je considère que je me positionne pour créer du changement.

Selon moi, un humain est un agent de changement, quand il observe une situation et qu'il trouve une façon de faire une différence... si minime soit-elle! Ce n'est clairement pas en "chialant" qu'on change les choses, même si chialer c'est l'fun en jupiter! 

Pis entre toi pis moi, j'ai pas du tout l'intention de faire de la politique, parce que ce système ne me plaît pas du tout. Et on va s'le dire, il n'y a pas seulement en faisant de la politique qu'on peut changer les choses. 

C'est ici que je vais arrêter de parler de la politique, parce qu'on pourrait m'accuser de faire du règlement de compte avec mon ex... et c'est loin d'être mon intention de le faire. Au contraire, je crois qu'il est LE meilleur candidat pour notre circonscription.

Et d'un autre côté, je crois foncièrement que LA Politique n'est pas le seul véhicule avec lequel nous pouvons être des agents de changement.

Fait que moi, j'ai décidé que je m'impliquais à faire évoluer les mentalités et à inspirer un mouvement qui amènera du changement.

Bon y'é temps... j'vais packter mes p'tits et reprendre la route.

Apprentissage #72: Ce n'est pas en chialant après un système que tu le changes. C'est en réfléchissant de quelle manière tu peux être proactive dans un réel changement et en te mettant en action selon tes disponibilités de temps et d'énergie. TOUT le monde peut être une agente de changement.



Commentaires

  1. Bon voyage en Gaspesie ma fille ....surtout plein de reponses à tes questions ....je t'aime xxx

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  2. Oui chère Cathy , la vie placera cet être précieux à tes côtés. Le jour où tu ne le chercheras pas, il se présentera à toi dans toute sa vérité et sa simplicité. ❤️

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